Sida : un gel et des chiffres porteurs d’espoir

, par  Enrique Moreira

Alors que le dernier rapport de l’Onusida, publié le 1er décembre à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, montre une forte chute des infections au VIH (- 50 %) dans vingt-cinq pays sur les dix dernières années, des chercheurs français ont développé un gel microbicide qui pourrait permettre de réduire le risque de transmission du virus. Dans l’attente d’un vaccin, c’est une avancée encourageante.

C’est un premier aboutissement pour l’équipe de l’Institut de biologie et de technologie de Saclay (Ibitec-S). Ce laboratoire de recherche français travaille depuis plusieurs années au développement d’un gel microbicide qui pourrait être efficace dans la lutte contre la propagation du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), responsable du sida. D’après les derniers essais réalisés sur des primates et dont les résultats ont été publiés dans la revue Plos Pathogens, il semblerait que les avancées soient prometteuses.

Tromper pour mieux piéger

Pour faire simple, les chercheurs ont réussi à créer une miniprotéine (un peptide) imitant le récepteur CD4 (sorte de porte d’entrée) présent à la surface des lymphocytes T, ces cellules qui constituent une partie de notre système immunitaire et par lesquelles le VIH affecte notre organisme. Les miniprotéines trompent alors le virus en le détournant des lymphocytes T et l’emprisonnent dans le gel.
Après des essais cellulaires in vitro réussis, les chercheurs du CEA, de l’université Paris-Sud et du CNRS ont alors testé le gel sur des primates (étape obligatoire avant des tests sur l’homme). Ils l’ont appliqué sur six femelles macaques, avant de leur injecter le VIH. Cinq d’entre elles ont été totalement protégées. Des résultats encourageants, qui doivent encore être confirmés.

Baisse du nombre d’infections

Cette avancée scientifique ne doit toutefois pas faire oublier le travail en cours au sein de la communauté internationale pour ralentir l’épidémie de sida. La prévention et la sensibilisation restent nécessaires, même si le nombre de nouvelles infections constatées par l’Onusida dans son rapport annuel 2012 est en forte baisse depuis dix ans. Malgré toutes les actions menées par les gouvernements, les ONG, les associations..., 34 millions de personnes étaient porteuses du VIH dans le monde en 2011 et 2,5 millions d’entre elles avaient été infectées cette même année. Le nombre de décès par manque de traitement a lui aussi diminué, passant de 2 millions en 2005 à 1,7 million en 2011. A ce jour, le sida est responsable de 30 millions de morts dans le monde. En France, 150 000 personnes vivent avec et on estime qu’environ 40 000 ignorent leur séropositivité.

Sources
- « Sida : l’ONU donne des raisons d’espérer », 20minutes.fr, 20 novembre 2012.
- « Le sida en net déclin en 2011 », Lepoint.fr, 20 novembre 2012.
- « Le VIH en dix chiffres clés », Leparisien.fr, 28 novembre 2012.
- Les chiffres sur le sida proviennent des données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de l’association Aides et de l’Institut national de veille sanitaire (INVS).

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