Le monde dans lequel vivent les enfants d’aujourd’hui est beaucoup plus stressant qu’il ne l’était il y a seulement trente ans : rythme de vie ultra-rempli (cours, cantine, activités extrascolaires, centre aéré…), situation familiale parfois complexe (maladie, divorce, mésentente…), changements d’habitudes (déménagement, arrivée d’un bébé, passage au collège…), exigences excessives des parents, école (notes, contrôles, remarques des professeurs…) et vie en groupe (moqueries, non-respect de la différence…), tentations permanentes du marketing, de la pub et de la société des loisirs, informations en boucle dans les médias (faits divers, pédophilie, racket…), images perturbantes (violence, pornographie…)… Tout cela peut être difficile à encaisser pour un petit bout de chou.
> Repérer les signes d’alerte Des difficultés scolaires, des blocages, un comportement passif et replié sur soi ou au contraire une instabilité, une nervosité, une agressivité associée à de la violence sont des troubles à ne pas négliger. Des symptômes physiques comme le mal de ventre, le mal de tête, la « ?boule ? » dans l’estomac ou dans la gorge ou encore les pleurs répétés sont également à surveiller. On doit enfin s’interroger quand l’enfant fait preuve d’une anxiété excessive, quand son comportement change, qu’il régresse ou n’évolue plus (sur le plan de la propreté, du langage, de la croissance, du sommeil…), mange beaucoup plus ou beaucoup moins…
> Comment réagir ? Il faut repérer les situations stressantes et en parler avec l’enfant lors de vraies conversations privées, pour comprendre ce qu’il a dans la tête et lui montrer que l’on s’intéresse à lui, à ses problèmes et que l’on cherche une solution satisfaisante. Parler de soi quand on était enfant, raconter les difficultés que l’on a pu rencontrer est une bonne façon de dialoguer. L’important est de rester bienveillant, de le féliciter dès qu’il accomplit des progrès, même minimes. Consulter un psy se révélera nécessaire si les symptômes persistent et deviennent difficiles à vivre ou si l’enfant développe des blocages (des phobies, par exemple).
Comment prévenir le stress de son enfant ? On ne peut pas tout prévoir et tout contrôler, mais il faut rester particulièrement vigilant lors des périodes de bouleversements (changement d’école, déménagement, divorce…) et expliquer les choses en s’adaptant à ce que l’enfant peut comprendre. S’il est anxieux, mieux vaut également anticiper les situations nouvelles : visiter la future école ou le futur centre aéré, repérer les trajets qu’il devra faire. Enfin, il est important de ne pas le « sur-stimuler », de ne pas avoir d’attentes trop élevées ni d’exigences trop pressantes, mais plutôt de développer son autonomie et son sens des responsabilités. L’accompagner, l’aider à surmonter progressivement les obstacles, en respectant son rythme propre, demande de l’empathie et peut sembler difficile, mais chacun a tout à y gagner.

Bon stress, mauvais stress : mode d’emploi, par le docteur Frédéric Chapelle, psychiatre, et Benoît Monié, psychologue. Odile Jacob (304 pages, 21,90 euros).
Le stress au travail, du docteur Patrick Légeron. Odile Jacob (200 pages, 8,40 euros).
Soigner le stress et l’anxiété par soi-même, du docteur Dominique Servant.
Odile Jacob (256 pages, 22,60 euros).
Méditer pour ne plus déprimer : la pleine conscience, une méthode
pour vivre mieux, de Mark Williams, John Teasdale, Zindel Segal et Jon Kabat-Zinn, préfacé par le docteur Christophe André. Odile Jacob (328 pages, 25 euros).
L’intelligence du stress,
de Jacques Fradin et coll. Eyrolles (266 pages, 20 euros).
« Souffrance au travail », Santé et Travail, n° 69, 7,50 euros.

« Symbiofeel », programme interactif de relaxation mis au point par le docteur Dominique Servant. Disponible sur le site www.symbiofi.com (téléchargement, 44,90 euros ; CD-rom, 49,90 euros).