Savoir agir face à l’infarctus

, par  Delphine Delarue

Une grande campagne d’information sur l’infarctus du myocarde vient d’être lancée par l’ensemble des acteurs de la cardiologie française. Objectif : mieux faire connaître une pathologie qui touche 100 000 personnes par an en France.

Chaque année en France, 100 000 personnes sont victimes d’un infarctus et 13 000 en meurent, ce qui représente un décès toutes les quarante minutes. Pourtant, selon une enquête d’opinion Ipsos-Astra Zeneca parue en novembre dernier, les Français sous-estiment les facteurs de risque qui lui sont associés, connaissent mal les signes annonciateurs de la crise et ignorent souvent les gestes à adopter. Après un premier infarctus par exemple, de nombreux patients continuent à fumer ou ne changent pas leurs habitudes et près d’une victime sur sept décède dans l’année qui suit. Pour améliorer la connaissance du grand public, l’ensemble des acteurs de la cardiologie française* vient de lancer une grande campagne d’information baptisée « Infarctus : une question de vie ».
L’infarctus du myocarde, plus communément appelé infarctus ou crise cardiaque, est la destruction d’une partie du muscle cardiaque due à l’interruption de la circulation sanguine dans les artères qui le nourrissent. La crise est annoncée par une violente douleur située le plus souvent dans la poitrine, en arrière du sternum, qui peut irradier vers les mâchoires, les bras (surtout le gauche) ou le creux de l’estomac. La douleur peut aussi se manifester au niveau du poignet ou être assimilée à un embarras gastrique. Soixante-cinq pour cent des Français méconnaissent ces signes d’alerte qui doivent pourtant être pris au sérieux, le premier réflexe à adopter étant de contacter le Samu (15). L’enjeu des premières heures est de limiter au maximum la taille de l’infarctus (la quantité de muscle cardiaque nécrosée) en débouchant au plus vite l’artère concernée afin de limiter les séquelles.

Facteurs de risque

Les principaux facteurs de risque sont l’hérédité, l’âge, le sexe, le tabagisme, le surpoids, la sédentarité, une élévation du taux des graisses (notamment du LDL-cholestérol), une hypertension artérielle ou un diabète. Il faut savoir que, contrairement aux idées reçues, l’infarctus peut survenir dès l’âge de 40 ans et qu’il expose à un risque de récidive tout au long de la vie. Enfin, les femmes ne sont pas épargnées : en 2004, les maladies cardiovasculaires représentaient chez ces dernières la première cause de mortalité après le cancer.
C’est l’ensemble de ces éléments que la campagne devrait rappeler, notamment grâce à la diffusion de spots à la radio tout au long du mois de janvier et à la télévision en mars. Un affichage publicitaire urbain se déroule actuellement et une campagne sur le Web a lieu jusqu’en mars. Par ailleurs, une brochure d’information de huit pages, Infarctus, une question de vie, sera adressée aux 7 000 cardiologues et 56 000 médecins généralistes français.

* La Fédération française de cardiologie, le Collège national des cardiologues français, le Collège national des cardiologues des hôpitaux généraux, le Samu, la Société française de cardiologie et la Société française de médecine d’urgence (Sfmu).

 

Sources
- Dossier de presse « Infarctus du myocarde : au-delà de la crise, une maladie à soigner », 11 janvier 2011.

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