Risques pour l’audition : les jeunes insuffisamment informés

, par  Julien Jeffredo

Plus de deux tiers des jeunes passent chaque jour entre une et quatre heures à écouter de la musique. Or ce n’est pas sans risque : à 25 ans, ils sont presque autant à avoir rencontré un problème d’audition (douleurs, acouphènes…) D’après une enquête Ipsos, réalisée pour la Journée nationale de l’audition, les efforts de prévention n’ont pas encore porté tous leurs fruits.

Le 8 mars est la Journée nationale de l’audition. L’occasion de prendre conscience des risques des nuisances sonores sur la santé, en particulier celle des jeunes. Dans ce domaine, le constat est alarmant : près d’un adolescent sur dix souffre d’un problème d’audition. Et pour cause : leurs oreilles sont soumises à des agressions quotidiennes. C’est ce que révèle une enquête Ipsos, réalisée auprès de jeunes de 13 à 25 ans. Que ce soit sur leur mp3, leur téléphone, leur ordinateur ou encore leur chaine hi-fi, plus des deux tiers écoutent entre une et quatre heures de musique tous les jours. Et s’il on y ajoute les concerts et les soirées en discothèque, les premiers symptômes apparaissent : immédiatement après l’exposition, un adolescent sur deux ressent de la fatigue ou de la lassitude. Les troubles sont parfois plus graves : des maux de tête pour 42 % d’entre eux et même des acouphènes (7 %). Résultat : à 25 ans, ils sont 58 % a avoir déjà ressenti des douleurs, des sifflements, des bourdonnements ou une perte brusque d’audition à la suite d’une exposition sonore élevée.

Prévention : des efforts à poursuivre

Depuis plusieurs années, les messages de prévention se sont multipliés, mais leur efficacité reste incertaine. C’est du moins ce qu’il ressort de l’enquête. Les jeunes se déclarent ainsi largement conscients des risques d’une écoute excessive de la musique : ils sont 93 % à savoir qu’un niveau sonore trop élevé peut engendrer des acouphènes. Pourtant, 46 % se considèrent encore mal ou très mal informés sur les risques encourus lorsque l’on écoute la musique trop fort.
La solution à ce paradoxe est probablement de poursuivre les efforts de prévention. Pour cela, 70 % des jeunes considèrent que l’école, le lycée ou l’université sont les lieux les plus appropriés, en particulier lors des visites médicales ou des cours de sciences de la vie et de la terre (SVT). Reste également à inculquer le réflexe de consulter un professionnel de santé en cas de trouble auditif. En effet, une majorité de jeunes se tournent d’abord vers leurs parents, puis, dans un second temps, vers un médecin.

Sources
-  « Le capital auditif des jeunes est-il en danger ? », enquête nationale Reunica-JNA-Ipsos, février 2012.

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