On manque cruellement de gamètes

, par  Isabelle Delaleu

Seuls 328 femmes et 400 hommes ont donné leurs gamètes en 2009, pour 1 673 couples en attente d’ovocytes et 2 314 en attente de sperme : le manque de cellules sexuelles est énorme. L’Agence de la biomédecine a lancé en novembre dernier une campagne pour rappeler l’importance de ce don, encore trop peu répandu et pourtant indispensable, puisqu’il offre à de nombreux couples la chance d’avoir un enfant par FIV grâce à un tiers donneur. Et pour beaucoup d’entre eux, cela constitue le dernier espoir…
Qu’il s’agisse d’ovocytes ou de spermatozoïdes, ces dons sont soumis aux trois mêmes règles : consentement, gratuité et anonymat. Pour donner,
il faut être déjà parent et obtenir l’accord de son conjoint. Un décret d’application de la nouvelle loi de bioéthique (juillet  2011), encore en attente, devrait toutefois autoriser et encadrer le don de personnes n’ayant pas encore procréé.
- Le don d’ovocytes : légalisé en France depuis 1994, il vient en aide aux femmes n’ayant pas d’ovaires ou d’ovocytes fonctionnels et à celles souffrant d’insuffisance ovarienne prématurée (chimiothérapie, ménopause précoce…). La donneuse, qui doit être déjà mère et avoir moins de 37 ans, subit un traitement de stimulation assez lourd. Les candidates, souvent sensibilisées à ce don par une de leurs proches, sont peu nombreuses, d’où une attente généralement longue, parfois de plusieurs années, pour les couples infertiles.
- Le don de sperme : c’est la seule solution en cas d’absence de spermatozoïdes (azoospermie) complète et irréversible, ainsi que dans tous les cas de stérilité masculine définitive. Le donneur doit avoir moins de 45 ans. Le sperme est congelé en paillettes dans l’azote liquide pendant six mois. Il peut ensuite être utilisé pour une insémination, une FIV classique
ou, exceptionnellement, une Icsi, avec des résultats similaires à ceux du sperme «  frais  ». Les dons sont gérés par les centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme (Cecos). Là encore, l’attente est longue, parfois jusqu’à deux ans.

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