Obésité infantile : l’OMS s’attaque à la publicité alimentaire

, par  Delphine Delarue

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de publier un ensemble de recommandations pour inciter les Etats à modifier leur politique en matière de publicité sur les aliments destinés aux enfants.

En 2010, selon des estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 42 millions d’enfants âgés de moins de 5 ans dans le monde étaient en situation de surpoids ou d’obésité. Un phénomène inquiétant, sachant que le surpoids pendant l’enfance et l’adolescence représente un risque accru de problèmes de santé immédiats comme l’hypertension, mais aussi de maladies cardiovasculaires, de cancer, de maladies respiratoires chroniques et de diabète à l’âge adulte.
Aujourd’hui, l’environnement alimentaire est très différent de ce qu’ont pu connaître les générations précédentes. « A l’échelle mondiale, explique le docteur Ala Alwan, sous-directeur général de l’OMS pour les maladies non transmissibles et la santé mentale, une grande variété de produits alimentaires et de boissons sont disponibles sur la plupart des marchés [...]. La distribution à grande échelle et le marketing intensif de beaucoup de ces denrées, surtout des produits riches en graisses, en sucre ou en sel, sapent les efforts entrepris pour manger sainement et conserver un poids normal, en particulier quand il s’agit d’enfants. » Selon l’organisation mondiale, les données montrent que la publicité à la télévision influe sur les préférences alimentaires des enfants et leurs modes de consommation.

Les petits Français victimes du matraquage

Rien qu’en France, d’après une étude de l’association de consommateurs UFC-Que choisir parue début décembre, 80 % des pubs télé de l’industrie alimentaire vantent des produits trop gras ou trop sucrés. Un matraquage en règle qui a des conséquences directes sur l’alimentation des plus jeunes : « 55 % des produits consommés par les enfants au petit déjeuner sont trop sucrés ou trop gras, contre 47 % en 2006 », note l’association.
Pour inverser la tendance, l’OMS vient donc de publier un ensemble de recommandations pour aider ses Etats membres à concevoir ou renforcer leur politique en matière de communication commerciale sur les aliments et les boissons non alcoolisées destinées aux enfants. « Il faut s’employer à faire en sorte que, partout, les enfants soient à l’abri de ce marketing et puissent grandir et se développer dans un environnement alimentaire favorable, qui incite et aide à faire des choix alimentaires sains et à conserver un poids normal », ajoute le docteur Alwan. Parmi les recommandations figurent par exemple la mise en place de politiques globales fortes destinées à réduire l’exposition des plus jeunes à la publicité d’aliments à haute teneur en graisses saturées, en acides gras trans, en sucres libres ou en sel, la suppression de toute forme de commercialisation de ces aliments dans les lieux tels que les crèches, les écoles ou les terrains de jeux ou encore la mise en place de sanctions à l’égard des publicitaires qui ne respecteraient pas les politiques établies.

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