Moelle osseuse : encore trop peu de donneurs

, par  Delphine Delarue

La huitième édition de la Semaine du don de moelle osseuse, qui se déroule cette année du 25 au 30 mars, vise à recruter 18 000 nouveaux donneurs en 2013. Objectif : atteindre 240 000 inscrits sur le registre national d’ici deux ans, afin d’améliorer les chances de greffe et de survie des patients atteints d’une maladie du sang.

Sensibiliser le grand public à l’importance de trouver de nouveaux donneurs de moelle osseuse pour améliorer la survie des malades souffrant de leucémie, de lymphome ou d’aplasie médullaire : c’est l’objectif de la Semaine nationale de mobilisation pour le don de moelle osseuse, dont la huitième édition se déroule cette année du 25 au 30 mars. Orchestrée par l’Agence de la biomédecine en collaboration avec l’Etablissement français du sang (EFS), la Société française de greffe de moelle et de thérapie cellulaire (SFGM-TC) et les centre hospitaliers, cette nouvelle campagne compte recruter 18 000 donneurs supplémentaires en 2013. « Cela permettra d’enrichir le registre français des donneurs de nouveaux profils génétiques et d’atteindre la taille de 240 000 inscrits au plus vite d’ici 2015 », indique l’agence. Aujourd’hui, le registre France Greffe de moelle compte un peu plus de 200 000 donneurs potentiels. Un chiffre encore trop faible pour couvrir la demande.

2 000 malades par an ont besoin d’une greffe

Chaque année en France, près de 2 000 malades ont besoin d’une greffe de moelle osseuse. « Cette substance gélatineuse présente dans tous les os a pour fonction principale de produire des cellules sanguines en permanence, explique le professeur Ibrahim Yacoub-Agha, président de la SFGM-TC. Chez les personnes atteintes de maladie du sang, la moelle osseuse fabrique trop peu de cellules ou génère des cellules cancéreuses. On envisage la greffe lorsque le traitement conventionnel n’est pas satisfaisant dans le processus de guérison du malade. » Or, la probabilité de trouver un donneur compatible au sein de la fratrie n’est que d’une chance sur quatre, et elle devient extrêmement faible en dehors de la famille. Ainsi, « plus il y aura de donneurs inscrits, plus il y aura de chances de guérison pour le malade », précise le professeur Yacoub-Agha.

Comment devenir donneur ?

Le donneur de moelle osseuse doit répondre à trois critères essentiels. Tout d’abord, il doit être âgé de 18 à 50 ans lors de l’inscription et accepter de répondre à un entretien médical rigoureux qui permettra de déterminer sa bonne santé. Ensuite, le candidat devra faire une prise de sang qui établira sa carte d’identité tissulaire et son éventuelle comptabilité avec un malade. Un fois inscrit sur le registre français, lui-même connecté à ceux du monde entier, le donneur ne sera prélevé que le jour où un patient ayant les mêmes caractéristiques biologiques aura besoin d’une greffe. Si cela arrive, le médecin greffeur choisira entre deux modes de prélèvement : la ponction dans les os postérieurs du bassin ou le prélèvement dans le sang par cytaphérèse, selon le type de greffon le plus bénéfique pour son malade. Contrairement à une idée reçue, la première méthode, qui nécessite une hospitalisation de quarante-huit heures et une intervention sous anesthésie générale, ne comporte pas de risque de paralysie, puisque le prélèvement ne se fait pas au niveau de la colonne vertébrale ou de la moelle épinière. La seconde méthode consiste, après un traitement médicamenteux par injection, en un prélèvement sanguin au cours duquel le donneur est relié à une machine qui sépare les cellules souches contenues dans la moelle osseuse du reste des cellules du sang. La séance dure de trois à quatre heures et ne nécessite pas d’hospitalisation. Dans tous les cas, le don de moelle osseuse est bénévole, anonyme et gratuit. Et pour ne nombreux malades, il reste la seule et unique chance de survie.
Renseignements : Dondemoelleosseuse.fr.

Source
- « Huitième Semaine nationale de mobilisation pour le don de moelle osseuse », Agence de la biomédecine, mars 2013.

DOSSIERS

Et si c’était la thyroïde ?

Vous vous sentez énervé, stressé, fatigué et un peu déprimé ? Votre thyroïde vous joue peut-être des tours. En s’emballant ou en devenant au contraire un peu paresseuse, cette petite glande endocrine, véritable chef d’orchestre du fonctionnement de nos organes, gâche la vie de plus de 6 millions de (...)

Quand les bactéries résistent aux antibiotiques

L’antibiorésistance constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces qui pèsent sur la santé mondiale. De plus en plus d’infections bactériennes deviennent difficiles à traiter car les médicaments perdent de leur efficacité. Chacun peut être touché, quel que soit son sexe, son âge ou son pays (...)

SOULAGER la douleur de l’enfant

Longtemps sous-estimée, voire totalement négligée, la prise en charge de la douleur chez l’enfant s’est beaucoup améliorée au cours des vingt dernières années. Elle reste cependant encore très inégale et trop souvent réduite à une simple prise de médicaments. Or, que ce soit en ville ou à l’hôpital, une (...)

Cuisiner, c’est bon pour la santé

Choisir des produits sains et se préparer à manger plutôt que recourir à des plats industriels est un moyen simple de préserver sa santé, d’autant qu’il n’est pas nécessaire d’être un véritable cordon-bleu pour se faire du bien. Cuisiner est aussi un formidable moyen de partager : faire découvrir aux (...)

ARTICLES RÉCENTS