Médicaments non remboursables : les pharmaciens sur la sellette

, par  Julien Jeffredo

Les pharmaciens ont le monopole de la vente des médicaments non remboursables, mais ils ne jouent pas toujours pleinement leur rôle. C’est ce que dévoile une enquête de l’UFC-Que choisir. Insuffisance des conseils sur la posologie, manque de transparence des prix…, les carences pointées inquiètent.

L’automédication, c’est-à-dire les médicaments vendus sans ordonnance, représente plus du tiers de l’ensemble des dépenses en médicaments (remboursables et non remboursables) des Français. Ce marché, en croissance constante ces dernières années, représentait 2,1 milliards d’euros en 2011.

Bien que ne nécessitant pas d’ordonnance, la délivrance de ces médicaments est restreinte aux seuls pharmaciens, chargés de l’encadrer. C’est ce rôle que l’association UFC-Que choisir a testé dans 650 officines françaises, et les résultats sont pour le moins préoccupants. Le premier devoir du pharmacien, celui de conseiller le consommateur, apparaît tout d’abord largement négligé. L’association a tenté d’acheter deux médicaments incompatibles (aspirine et Rhinureflex). Dans 48 % des cas, le pharmacien a délivré les produits sans faire part de la contre-indication, comme il aurait dû le faire. Pire : même lorsque le consommateur interroge de lui-même sur la posologie, seuls 10 % des pharmaciens saisissent cette seconde chance pour le mettre en garde.

Le flou des prix

Un autre manquement à leurs obligations a été constaté chez les pharmaciens. Il concerne l’affichage des prix. Seule une officine sur deux présente clairement les prix des médicaments derrière le comptoir. Et le consommateur est encore moins informé de la liberté des pharmaciens dans la tarification des médicaments non remboursables, puisque 89 % d’entre eux ne l’affichent pas, comme ils y sont tenus depuis 2003.
Pourtant, les officines ne se privent pas de fixer librement le prix des médicaments non remboursés. Ainsi, pour l’aspirine Upsa vitamine C 330 mg, les tarifs varient de 1,30 à 4,95 euros, soit de un à quatre.

Sources
- « Automédication : Contre les mots diagnostiqués, l’UFC-Que choisir propose son antidote », www.quechoisir.org, mars 2012.
- « Le déremboursement des médicaments en France entre 2002 et 2010 », Irdes, juillet 2011.

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