Les phtalates menacent la fertilité masculine

, par  Julien Jeffredo

Une étude récente publiée par la revue britannique « Human Reproduction » montre que les phtalates, substances chimiques présentes dans de nombreux objets en plastique ainsi que dans certains aliments, réduisent la fertilité masculine. En contact avec les testicules, ils inhibent la production de testostérone et par conséquent celle de spermatozoïdes.

On les retrouve dans presque tous les objets en PVC, notamment les jouets, mais également dans des shampoings et certains aliments : les phtalates ont envahi notre quotidien.

Des soupçons pesaient sur eux depuis plusieurs années. Des études avaient déjà montré que ces substances chimiques avaient des effets sur la fertilité des rats et sur les fœtus humains. Mais cette fois, la preuve a été faite sur l’homme : les phtalates inhibent la production de testostérone (hormone masculine) lorsque les testicules d’un adulte y sont exposées.

Moins de testostérone, moins de spermatozoïdes

Trois équipes françaises (l’Institut de recherche sur la santé, l’environnement et le travail, à Rennes, l’Institut national de la recherche agronomique, à Toulouse, et le Laboratoire d’étude des résidus de contaminants dans les aliments, à Nantes) ont participé à cette étude. En exposant à des phtalates des cellules prélevées sur des testicules, les chercheurs ont constaté une baisse de 30 % de la production de testostérone. Or la testostérone est à l’origine de la création de spermatozoïdes. C’est donc, in fine, la fertilité masculine qui est diminuée par ces substances, que l’on qualifie de « perturbateurs endocriniens ». L’étude montre en effet que le phtalate dit « sans effet direct » (appelé DEHP) peut, en contact avec les testicules, se transformer en un phtalate qui inhibe la production de testostérone (MEHP).

Source
- « Occupational exposure to chemical substances and time to pregnancy : a systematic review », Human Reproduction, 2012.

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