Les pharmaciens négocient leur rémunération

, par  Enrique Moreira

Trois syndicats de pharmaciens ont entamé, le 19 mars, des négociations avec l’Assurance maladie sur une possible réforme de leur mode de rémunération. Ils souhaitent percevoir des honoraires, à l’instar des autres professionnels de santé libéraux (médecins, infirmiers, etc.). Deuxième piste explorée : une prime pour l’accompagnement des malades sous anticoagulants.

A ce jour, la rémunération des pharmaciens est directement liée au volume de médicaments vendus. Plus de 80 % du chiffre d’affaires d’une pharmacie provient en effet des remboursements de médicaments par la Sécurité sociale. C’est ce qui a poussé les représentants des syndicats de pharmaciens à entamer, le 19 mars, des négociations pour réformer ce système. Ils estiment que la profession doit faire face à une baisse de ses revenus due à certaines décisions politiques et sanitaires, comme les incitations à diminuer le volume des prescriptions, la généralisation des médicaments génériques ou encore l’abaissement des taux de remboursements.

Honoraires et entretiens pharmaceutiques

Le syndicat UNPF a estimé la perte à 700 millions d’euros depuis 2011. Pour pallier ce manque à gagner, les pharmaciens souhaitent pouvoir toucher 25 % de leur revenu sous forme d’honoraires, c’est-à-dire être payés en partie à l’ordonnance ou au patient, d’ici 2017. Un accord de principe avait déjà été signé en ce sens en mai 2012 avec l’Assurance maladie, et les négociations ouvertes le 19 mars avaient pour objectif d’en déterminer les modalités. Dans un premier temps, 12,5 % de la rémunération actuelle seraient remplacés par des honoraires dès janvier 2014.

Une autre solution serait de mettre en place un forfait pour l’accompagnement des malades dans le suivi de leur traitement. Ainsi, le pharmacien toucherait 40 euros par an et par personne pour recevoir les patients lors d’« entretiens pharmaceutiques », afin de s’assurer qu’ils suivent convenablement leur prescription. En premier lieu, cela vaudrait pour les malades sous anticoagulants, puis le dispositif pourrait être étendu aux diabétiques et aux asthmatiques.

Quelle part pour les mutuelles ?

L’un des enjeux de ces négociations est aussi de déterminer la part des honoraires et du coût de ces « entretiens pharmaceutiques » qui reviendrait à la Sécurité sociale et celle des complémentaires santé. Or, pour l’instant, aucune proposition n’a été faite à ce propos. Actuellement, l’Assurance maladie prend en charge 70 % des dépenses de médicaments, et les complémentaires, 16 %. Avec cette réforme de la rémunération des pharmaciens et vu le déficit de la Sécurité sociale, cet équilibre pourra-t-il être respecté ? La question fera sûrement débat.

Sources
- « Les pharmaciens espèrent être mieux rémunérés », Bfmtv.fr, 19 mars 2013.
- « Accompagnement des patients traités par anticoagulants oraux », Union nationale des pharmacies françaises, Unpf.org, 20 décembre 2012.
- « Pharmaciens : la rémunération va changer », Lefigaro.fr, 29 mars 2012.

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