Les patchs et les anneaux contraceptifs dénoncés par les gynécologues

, par  Delphine Delarue

Alors que la polémique sur les pilules de troisième et quatrième générations se poursuit, le Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France rappelle que d’autres contraceptifs, comme les patchs ou les anneaux vaginaux, présentent les mêmes risques thromboemboliques.

Marisol Touraine poursuit sur sa lancée. Après avoir avancé de six mois le déremboursement des pilules de troisième génération et rappelé aux médecins l’intérêt de ne les prescrire qu’en seconde intention, la ministre de la Santé a demandé aux instances européennes de restreindre leur autorisation de mise sur le marché. Or, comme l’explique le Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France (Syngof), ces pilules ne sont pas les seuls contraceptifs à présenter un risque thromboembolique accru. Dans un communiqué, le syndicat « s’interroge sur l’absence de recommandation de la HAS (Haute Autorité de santé) concernant les patchs contraceptifs et les anneaux, également très utilisés » et qui fonctionnent avec les mêmes hormones associées (progestatifs et œstrogènes) que les pilules de troisième et quatrième générations.
Selon une étude publiée en mai 2012 dans le British Medical Journal, le risque d’accident veineux pourrait même être plus important avec ces contraceptifs alternatifs. Le Syngof demande donc à la HAS de mettre à jour ses recommandations concernant toutes les méthodes contraceptives actuellement disponibles sur ordonnance.

Quid de l’implant et du stérilet ?

On peut également s’interroger sur l’absence de communication sur les contraceptifs non combinés ne contenant qu’un progestatif, comme certaines pilules de troisième génération ou l’implant, ou sur le dispositif intra-utérin (DIU), plus connu sous le nom de stérilet. S’il est vrai que le corps peut mettre plus longtemps à s’adapter à une contraception uniquement progestative (pouvant provoquer maux de tête, nausées, douleurs mammaires...) et que l’absence des règles souvent induite semble gêner certaines femmes, ces méthodes ne comporteraient aucun risque cardiovasculaire. De plus, d’après une étude publiée l’an passé dans le New England Journal of Medicine, le stérilet serait vingt fois plus efficace que la pilule. Une fois placé, en effet, ce dispositif ne bouge plus, inutile d’y penser tous jours ! Seulement, nombreux sont les praticiens français qui le refusent encore à leurs patientes. « Les gynécologues et les médecins généralistes restent souvent persuadés que le DIU est dangereux pour les femmes, risque de rendre stérile, de provoquer des infections, des grossesses extra-utérines, n’est pas adapté aux femmes nullipares (n’ayant jamais eu d’enfants), etc. Tout cela, de nombreuses études ont montré que c’était faux. Et on le sait partout, sauf en France », explique le docteur et écrivain Martin Wincler, fervent défenseur du DIU, sur Le Plus du Nouvelobs.com.

Sources
- « Pilules de troisième et quatrième générations », communiqué du Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France (Syngof), 15 janvier 2013.
- « Les gynécologues mettent en cause les patchs contraceptifs », Philippe Berrebi, Pourquoi-docteur.nouvelobs.com, 15 janvier 2013.
- « Contraception : le sur-risque thromboveineux existe aussi pour le patch et l’anneau vaginal », Amélie Pelletier, Doctissimo.fr, 15 janvier 2013.
- « Contraception : bien sûr que le stérilet est plus efficace que la pilule ! », Martin Wincler, Leplus-nouvelobs.com, 8 juin 2012.

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