Les mutuelles étudiantes recalées

, par  Delphine Delarue

Dans une enquête rendue publique récemment, l’UFC-Que choisir fustige le fonctionnement des mutuelles étudiantes : opacité de l’information aux adhérents, qualité médiocre des services proposés, tarifs trop élevés… Autant d’éléments qui conduisent l’association de consommateurs à demander une remise à plat totale du système.

« Les mutuelles étudiantes ne méritent qu’un bonnet d’âne » : c’est le triste constat dressé il y a quelques jours par l’UFC-Que choisir, à l’issue de l’étude qu’elle vient de consacrer au fonctionnement de ces organismes privés particuliers. Après avoir reçu plusieurs plaintes, l’association de consommateurs a mené en ligne une enquête de satisfaction auprès de 837 étudiants. Parmi les principaux griefs relevés : l’opacité de l’information délivrée aux étudiants sur la mission même de ces mutuelles. Pour l’UFC, « la distribution dans un même lieu (l’université, NDLR) et par les mêmes organismes privés de la Sécurité sociale étudiante obligatoire et d’activités commerciales facultatives – complémentaire santé, assurance habitation ou automobile, banque, etc. – aboutit à une totale méconnaissance de leurs droits par les jeunes ». Résultat : plus d’un tiers des étudiants n’ont pas compris que ces mutuelles géraient, grâce à une délégation de service public, à la fois l’assurance maladie obligatoire (Sécurité sociale étudiante) et la partie complémentaire. Ainsi, 37 % ne savent pas que les contrats de complémentaire santé proposés par les mutuelles étudiantes ne sont pas obligatoires. Beaucoup ignorent aussi qu’ils peuvent, la plupart du temps, demeurer ayants droit de la mutuelle de leurs parents tout en étant affiliés à la Sécurité sociale étudiante. Enfin, 43 % ne savent pas que le niveau de remboursement pour la partie Sécurité sociale sera le même quelle que soit la mutuelle choisie.

Trois mois d’attente pour la carte Vitale

Par ailleurs, l’enquête dénonce des délais de traitement interminables : « Le tiers des nouveaux inscrits dans les études supérieures attend plus de trois mois sa carte Vitale et ne peut donc, pendant ce temps, bénéficier du tiers payant », note l’UFC. L’association souligne aussi la patience dont doivent faire preuve les adhérents souhaitant contacter leur mutuelle par téléphone, car « moins d’un appel sur deux (45 %) aboutit auprès de la LMDE – principale mutuelle étudiante –, contre 88 % pour l’Assurance maladie ».
De plus, les juristes de l’association ont débusqué plusieurs clauses abusives dans les contrats de complémentaire santé : obligation du mode de paiement par prélèvement, impossibilité de résiliation malgré des modifications unilatérales des contrats, délais trop courts pour la déclaration des sinistres…

« Zéro pointé » pour les frais de gestion

Le coup de grâce est porté avec la dénonciation des frais de gestion. Sur la mission de sécurité sociale des mutuelles étudiantes, ils s’élèvent à « 93 millions d’euros en 2011, soit 13,7 % des prestations versées ». « C’est trois fois plus que l’Assurance maladie », indique l’UFC. Face à ces pratiques, l’association demande une remise à plat de la couverture santé des étudiants et souhaite que leur sécurité sociale soit désormais confiée à l’Assurance maladie, « ce qui permettrait une économie proche de 90 millions d’euros par an ». Elle exige aussi que les étudiants soient préservés des démarchages de ces mutuelles à l’université. Enfin, pour les aider à mieux s’y retrouver, l’UFC propose sur son site Quechoisir.org des fiches pratiques d’information.

Sources

- « Inscriptions à la fac, l’UFC-Que choisir met au banc les mutuelles étudiantes », enquête UFC-Que choisir, 12 septembre 2012.

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