La pétition « Sauvez la phytothérapie » : info ou intox ?

, par  Isabelle Delaleu

Ces derniers mois a circulé, via Internet et les réseaux sociaux, une pétition annonçant la disparition de centaines de plantes et la mort de la phytothérapie suite à l’application en avril 2011 d’une directive européenne (2004-24 CE) du 31 mars 2004. Criant au complot des laboratoires pharmaceutiques, cette pétition appelle le public à réagir pour sauver les plantes.
- Que dit la directive ? En résumé, que chaque médicament de phytothérapie doit bénéficier d’une autorisation de mise sur le marché (AMM), mais avec une procédure simplifiée, car l’AMM peut parfaitement être fondée sur une bibliographie (généralement existante), sans besoin d’essais cliniques.
Quant aux plantes plus « exotiques », issues de la phytothérapie chinoise, ayurvédique ou de toute autre tradition, elles doivent seulement prouver leur usage médical depuis trente ans dont au moins quinze dans l’Union européenne.
- Qu’en pensent les professionnels ? « En réalité, cette directive a simplement pour objectif de normaliser l’enregistrement des médicaments dans toute l’Europe, explique Stéphane Korsia-Meffre, médecin. Elle ne concerne que les médicaments de phytothérapie, ne s’intéresse ni aux compléments alimentaires ni aux plantes en vrac. Il n’y a donc pas lieu de s’affoler. » Avis partagé par Jean-Michel Morel, médecin phytothérapeute, qui estime que « cette pétition est un hoax (un canular, NDLR) ».
« Il faut de toute façon une réglementation autour des plantes, souligne-t-il, afin de travailler en toute sécurité pour le patient-consommateur. Du fait d’une réglementation trop laxiste, il existe en effet une véritable “niche écologique“ vacante, dans laquelle tout le monde s’engouffre sans distinction, ce qui est préjudiciable. »

A lire pour plus d’information, l’interview de Me Isabelle Robard, avocate spécialisée en droit de la santé, sur le site de la Chambre nationale des ostéopathes : www.cnosteo.com/osteo/interview_rob... (la partie concernant les plantes figure en fin d’interview, mais elle est détaillée).

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