La cohorte Elfe officiellement lancée

, par  Delphine Delarue

Pour la première fois en France, 20 000 enfants seront suivis de la naissance à l’âge adulte. Objectif : déterminer l’influence de l’environnement sur leur santé et leur développement.

Mieux comprendre comment l’environnement, l’entourage familial et les conditions de vie influencent la santé, le développement, la socialisation et le parcours scolaire des enfants. C’est le but de la cohorte Elfe*, une grande de étude nationale coordonnée par l’Institut national d’études démographiques (Ined) et l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), et dont le top départ a été donné le 4 avril. Pour la première fois en France – de telles études existent déjà en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, au Canada, en Irlande ou en Australie –, 20 000 enfants issus de milieux socio-économiques variés seront suivis de la naissance jusqu’à l’âge de 20 ans par soixante équipes de recherche. « Le développement d’un enfant [...] s’effectue en interaction constante avec l’environnement dans lequel il évolue, note l’Ined dans un communiqué. Or cet environnement s’est considérablement modifié au cours des dernières décennies : prolongement de la scolarisation, modification des habitudes alimentaires, réduction de l’exercice physique, accroissement de la pollution atmosphérique et exposition à de nouveaux polluants chimiques, diversité des histoires familiales… » L’étude permettra donc de déterminer les conséquences de ces récentes évolutions et aidera « à formuler des recommandations de politique sociale et de santé publique » pour améliorer la « santé et le bien-être de l’ensemble des enfants », ajoute l’Ined.

Quatre vagues de sélection sur 2011

Concrètement, quatre vagues de sélection de nouveau-nés sont prévues dans l’année auprès de 344 maternités tirées au sort. La première a eu lieu en début de mois, la deuxième se déroulera fin juin-début juillet, la troisième fin septembre-début août et la dernière en décembre. Dès l’accouchement et pendant le séjour à la maternité, des échantillons biologiques (urines, sang et morceau de cordon, mèche de cheveux, lait…) sont recueillis sur le bébé et la maman participants. Les mères remplissent par ailleurs un questionnaire sur le déroulement de leur grossesse, leur situation familiale ou leurs habitudes alimentaires. Certaines familles se verront remettre du matériel destiné à mesurer les taux de pollution et d’allergènes présents à leur domicile. Six à huit semaines après l’accouchement, un premier entretien téléphonique sera organisé avec la mère et le père. Il servira à déterminer l’environnement familial de l’enfant et son état de santé. Dans les mois suivants, les familles répondront à plusieurs questionnaires consacrés à l’alimentation et à l’évolution du bébé. Puis, au cours des années, des contacts seront régulièrement pris pour effectuer des bilans scolaires, des prélèvements biologiques et sanguins, des examens médicaux ou des tests psychomoteurs.

* Etude longitudinale française depuis l’enfance.

 

Sources
- Dossier de presse « Elfe », avril 2011, Ined, Inserm.
- Article « Le devenir de 20 000 enfants : lancement de l’étude de cohorte Elfe », Marie-Aline Charles, Henri Leridon, Patricia Dargent, Bernard Geay, Population et Sociétés (Ined).

DOSSIERS

Et si c’était la thyroïde ?

Vous vous sentez énervé, stressé, fatigué et un peu déprimé ? Votre thyroïde vous joue peut-être des tours. En s’emballant ou en devenant au contraire un peu paresseuse, cette petite glande endocrine, véritable chef d’orchestre du fonctionnement de nos organes, gâche la vie de plus de 6 millions de (...)

Quand les bactéries résistent aux antibiotiques

L’antibiorésistance constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces qui pèsent sur la santé mondiale. De plus en plus d’infections bactériennes deviennent difficiles à traiter car les médicaments perdent de leur efficacité. Chacun peut être touché, quel que soit son sexe, son âge ou son pays (...)

SOULAGER la douleur de l’enfant

Longtemps sous-estimée, voire totalement négligée, la prise en charge de la douleur chez l’enfant s’est beaucoup améliorée au cours des vingt dernières années. Elle reste cependant encore très inégale et trop souvent réduite à une simple prise de médicaments. Or, que ce soit en ville ou à l’hôpital, une (...)

Cuisiner, c’est bon pour la santé

Choisir des produits sains et se préparer à manger plutôt que recourir à des plats industriels est un moyen simple de préserver sa santé, d’autant qu’il n’est pas nécessaire d’être un véritable cordon-bleu pour se faire du bien. Cuisiner est aussi un formidable moyen de partager : faire découvrir aux (...)

ARTICLES RÉCENTS