Journée nationale de l’audition : encore trop de gêne

, par  Enrique Moreira

Cette année, le jeudi 14 mars, c’est la Journée nationale de l’audition (JNA). Pour l’occasion, une enquête JNA-Ipsos 2013, diffusée la semaine dernière, révèle que trois seniors sur cinq déclarent ressentir une gêne auditive. Pire encore, 50 % des personnes interrogées n’ont jamais fait contrôler leur audition. Pourtant, avec la perte de l’ouïe, c’est souvent un décrochage de la vie sociale qui se profile à l’horizon. Et cela n’est pas valable que pour les plus âgés d’entre nous.

« Papi, ne crie pas ! » Quel Français n’a pas eu l’occasion au moins une fois dans sa vie de dire (ou de crier) cette phrase à l’un de ses parents ? C’est la raison pour laquelle, dans le cadre de la Journée nationale de l’audition (JNA), qui se déroule cette année le 14 mars, des tests auditifs de dépistage gratuits sont proposés un peu partout en France. Une initiative dont l’utilité a été confirmée par une enquête JNA-Ipsos 2013 réalisée auprès de 900 personnes âgées de 50 ans et plus, dont les résultats ont été présentés le 5 mars dernier, lors d’une conférence intitulée « Le tabou de la perte de l’audition ».

Cette enquête révèle en effet que trois seniors sur cinq ressentent une gêne auditive. Que ce soit à cause d’acouphènes, d’une écoute trop forte et prolongée de la musique ou tout simplement de la presbyacousie (cette surdité progressive liée au vieillissement, totalement naturelle, qui touche 7 millions de personnes), l’étude montre surtout que la surdité est encore un tabou en France : un tiers des plus de 50 ans n’a pas fait contrôler son audition depuis cinq ans et une personne sur deux interrogées n’a jamais fait de test auditif. Dire que l’on est sourd, ce serait, pour nombre d’entre eux, avouer une faiblesse.

Une vie sociale en péril

Pourtant, les seniors sont aujourd’hui conscients de l’impact de la perte de l’audition sur la vie au quotidien. Pour 82 % d’entre eux, elle produit des effets sur l’humeur, et ils sont 90 % à estimer que cela se répercute sur leur vie sociale. Combien de Français ont rompu le dialogue avec une personne malentendante parce que c’est épuisant de répéter ? « Les petits moments de complicité sont de moins en moins présents, puisque l’échange sur les petits événements du quotidien qui fondent la vie est de plus en plus difficile », explique un communiqué de presse de l’Association JNA. C’est ce qui a poussé cette année la campagne de prévention à confronter les seniors à un paradoxe : « A l’ère du bien vieillir, faire répéter ou répondre à côté de la plaque ne fait-il pas vieux ? »

Pas d’âge pour le plaisir auditif durable

« Parce que moi, je t’entends parfaitement, Papi ! » En sont-ils si sûrs, tous ceux qui ont répondu cela ? C’est l’autre point sur lequel la JNA souhaite insister : « Pour un plaisir auditif durable, il n’y a pas d’âge », explique l’Association JNA, organisatrice de la campagne d’information. Là encore, les chiffres sont explicites : 69 % des jeunes âgés de 13 à 25 ans écoutent quotidiennement jusqu’à quatre heures de musique. Pour les spécialistes, « cette durée d’écoute est inquiétante ». Ce cumul non seulement agit sur le bon fonctionnement de l’oreille (le capital auditif n’est pas éternel, il s’épuise avec l’âge), mais a aussi des effets sur l’organisme tout entier. Le son, devenu bruit, agit sur l’humeur, la disponibilité aux autres, les capacités de concentration, la qualité du sommeil ou encore la vie intime… Comme quoi, s’il est parfois angoissant, le silence est surtout bon pour la santé.

Sources
- « L’audition et les seniors », seizième campagne nationale d’information et de prévention dans le domaine de l’audition organisée par l’Association JNA.
- « Lorsque la perte de l’audition dégrade le lien affectif... », communiqué de presse de l’Association JNA.
- « Pour le plaisir auditif durable : il n’y a pas d’âge », communiqué de presse de l’Association JNA.

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