Joseph a sauvé son fils en lui donnant un lobe de poumon : « Jamais je ne ferai quelque chose d’aussi bien dans ma vie »

, par  Delphine Delarue

« Lorsque le pneumologue de mon fils m’a demandé si je savais ce qu’était une greffe, un abîme s’est ouvert devant moi », raconte Joseph. A l’époque, Antoine, son fils atteint de mucoviscidose, n’a plus que quelques semaines à vivre. Cela fait plus d’un an qu’il attend une transplantation des deux poumons et le greffon tant espéré n’arrive pas. Seule solution : que ses parents lui donnent chacun un lobe inférieur de poumon. L’opération est risquée et reste, aujourd’hui encore, très rarement pratiquée (la dernière en France date de 2004). Les donneurs ont 0,8 % de risques de ne pas s’en sortir. Antoine n’avait, lui, que 35 % de chances de survivre. « Ma femme a immédiatement accepté. Mais pour moi, ça a été plus long, explique Joseph. Dans mon esprit, il fallait que l’on s’en sorte tous les trois, et personne ne pouvait me l’assurer. » Il prendra trois mois à accepter. « Je n’avais pas le droit d’abandonner Antoine. Je me suis dit : on mourra tous un jour, c’est inéluctable. Donc cette opération, si elle réussit, ne sera pas un pied de nez à la mort, mais un pied de nez à la souffrance de notre fils. » Les trois interventions ont lieu en juillet 2001. Antoine passera ensuite un mois et demi en réanimation, mais il survivra. « Mon fils a gagné dix ans de vie, ajoute Joseph. Les premières années qui ont suivi la greffe étaient magiques. Même si aujourd’hui il va moins bien, jamais je n’ai regretté ma décision. Jamais je ne ferai quelque chose d’aussi bien dans ma vie. »

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