Ipergay, un nouvel outil de prévention à l’essai contre le VIH

, par  Julien Jeffredo

L’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites (ANRS) lance Ipergay, un programme visant à tester l’efficacité d’un médicament antirétroviral utilisé de façon préventive. Réalisée conjointement à Paris, à Lyon et à Montréal, l’étude cherche des volontaires.

Des hommes homosexuels séronégatifs qui n’utilisent pas systématiquement le préservatif, tel est le profil que recherche par l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites (ANRS) pour son programme Ipergay, destiné à vérifier l’efficacité d’un médicament rétroviral préventif. En clair, l’appel à volontaires s’adresse à des personnes qui prennent des risques, car c’est là l’intérêt de cette étude : évaluer la capacité du traitement à empêcher une contamination en l’absence de préservatif. Les participants vont donc tester un nouveau médicament, le Truvada. Durant douze à quarante-huit mois, ils auront pour consigne de le prendre quelques heures avant, puis quelques heures après des rapports sexuels. Toutefois, une partie de ces volontaires se verra donner un placebo.
Loin d’être une incitation à abandonner la protection, Ipergay part d’un constat : ces quinze dernières années, le nombre d’homosexuels qui se protègent à chaque rapport a fortement diminué. Selon une enquête Presse Gay INVS-ANRS menée en 2004, 33 % des sondés ont eu au moins un rapport à risque dans l’année.

Réduire les risques

Dans la phase pilote, 300 volontaires sont recherchés, mais à terme 1 900 personnes devraient rejoindre l’essai. Chacun fera l’objet d’un encadrement très étroit : accompagnateur individuel, dépistages réguliers, messages de préventions adaptés…
Du côté de l’ANRS, on l’assure : quels que soient les résultats, l’objectif est d’améliorer la prévention. D’ailleurs, lors d’un essai précédent, baptisé Iprex et mené en Amérique du Sud et en Thaïlande, les participants ont augmenté leur utilisation de préservatif de 60 à 80 %. Et les conclusions de cette première étude, rendues publiques fin 2010, sont très encourageantes. Par rapport à ceux du groupe placebo, le risque de contamination par le VIH a en effet été réduit de 44 % chez les volontaires qui prenaient le Truvada. Seulement, le protocole était différent : les volontaires prenaient le traitement antirétroviral de façon quotidienne.

Une première mondiale

C’est pour confirmer l’efficacité du Truvada qu’un deuxième essai est nécessaire. Il s’agit cette fois de cibler sur le long terme une population particulièrement touchée par le virus : les homosexuels de pays industrialisés. En 2010, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) représentaient 40 % des nouveaux cas de VIH diagnostiqués en France.
La plupart des essais concernant le VIH se concentrent habituellement sur des séropositifs. Les dernières études ont permis de montrer que des porteurs du virus qui utilisent un traitement antirétroviral adapté peuvent protéger leurs partenaires. Désormais, il s’agit de voir si les séronégatifs sont en mesure de se protéger eux-mêmes.
La campagne de recrutement de la phase pilote devrait se dérouler jusqu’en juin 2012. Pour obtenir plus d’informations sur l’essai ou devenir volontaire, vous pouvez vous rendre sur le site www.ipergay.fr.

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