Internet : gare aux faux médicaments

, par  Enrique Moreira

Un médicament sur deux vendus sur Internet est contrefait : pas de principe actif, molécules en trop grande quantité ou à l’inverse presque absentes, substances toxiques, etc. En 2010, les douaniers européens ont intercepté plus 3 millions de ces contrefaçons, et plus de 27 millions en 2011. Un business frauduleux en pleine expansion, qui s’attaque même aux génériques. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle les consommateurs à la vigilance.

Internet regorge de « médicamants ». La faute d’orthographe vous choque ? C’est pourtant le genre d’erreurs qui permet de différencier les fausses boîtes de médicaments des vraies. Des contrefaçons qui, à l’instar des copies des marques de luxe, explosent sur le Web. Souvent, il s’agit de mélanges aléatoires de produits chimiques qui peuvent s’avérer très dangereux pour la santé ou de préparations qui ne contiennent aucun principe actif. Leur ressemblance avec les vrais est parfois telle que même les professionnels de la santé peuvent s’y tromper. C’est la mort rapide et inexpliquée d’une canadienne en 2006 qui a attiré l’attention des autorités sanitaires mondiales sur le problème : la patiente suivait un traitement contre son arythmie cardiaque, mais celui-ci, à l’insu de la malade et de son médecin, était à base de faux médicaments. Ailleurs, aux Etats-Unis, ce sont des cabinets médicaux qui possédaient, en 2012, de l’Avastin contrefait.

Un marché lucratif

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que plus de 50 % des traitements vendus sur Internet sont contrefaits. Ce qui représenterait près de 10 % du marché pharmaceutique mondial en 2010, soit environ 75 milliards de dollars. Des chiffres avec lesquels s’accorde l’Union européenne : en 2011, plus de 27 millions de contrefaçons ont été saisies, contre 3 millions en 2010. Les autorités sanitaires ont ainsi pris la mesure de l’ampleur du phénomène. D’autant que ce marché très lucratif s’adapte, puisqu’il est possible de trouver sur la toile des faux génériques. Les plus courants sont les antibiotiques, qui inondent l’Afrique et les marchés locaux, mais dans les pays occidentaux, où l’accès aux soins est facilité, « ce sont les produits d’amélioration des performances qui sont recherchés ; qu[’ils soient] sensés améliorer la performance physique, sexuelle ou intellectuelle », explique Philippe Lamoureux, directeur général du Leem, principal syndicat des professionnels du médicament. Les plus prisés sont aussi des médicaments qui n’ont toujours pas été autorisés dans un pays mais qui existent dans un autre. En les cherchant sur Internet, les consommateurs risquent de tomber sur des faux.

Comment les éviter

Il existe cependant quelques détails qui devraient attirer l’attention de ces internautes à la recherche du meilleur moyen de faire des économies, souvent au détriment de leur santé. Ainsi le nom du produit est souvent mal orthographié ou le témoin d’effraction de la boite a été brisé pour remplacer les médicaments par des faux. Régulièrement, les contrefacteurs dessinent le carton et le colle à la main. Veillez donc également, si vous commandez votre traitement sur Internet, à son code-barres sur l’emballage, il doit comporter treize caractères, et l’intégrité de la boîte doit être totale. Dernier conseil pour être sûr de leur qualité : évitez d’acheter vos médicaments sur Internet.

Sources

- Who.int

- « 50 % des médicaments commandés sur Internet sont des faux », Metro, 1er août 2012.

- « Les professionnels alertent le public sur l’achat de médicaments sur Internet », Le Particulier, 31 juillet 2012.

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