Infarctus : le nombre de décès diminue

, par  Enrique Moreira

Le nombre de décès des suites d’un infarctus du myocarde a été divisé par trois en quinze ans. Un progrès médical dû notamment à l’amélioration des soins, mais aussi aux campagnes d’information et de sensibilisation, qui poussent les proches d’une victime à faire désormais plus vite appel à un médecin. Seul bémol : notre hygiène de vie (tabac, alcool et obésité) risque de mettre un frein à cette amélioration.

La mortalité à trente jours chez les personnes ayant subi un infarctus du myocarde a diminué de 13,7 à 4,4 % en quinze ans. C’est ce que vient de montrer une étude française publiée dans le Journal of the American medical association, qui révèle que l’on meurt aujourd’hui trois fois moins d’une crise cardiaque qu’auparavant. Des chiffres obtenus en comparant les registres de plusieurs hôpitaux de 1995, 2000, 2005 et 2010.

De meilleurs soins et une réactivé accrue

Alors, à quoi doit-on cette réussite médicale ? En premier lieu, à une amélioration de la prise en charge des malades par les hôpitaux. Le nombre de patients ayant reçu directement une angioplastie est en effet passé de 12 à 61 %. Dans le même temps, le nombre de personnes sur qui l’on a pratiqué les techniques de « reperfusion » (réouverture de l’artère coronaire occluse) a diminué de moitié, passant à 25 %. La fréquence des thrombolyses (une injection de substances destinées à désagréger le caillot qui bouche la coronaire) a régressé de 38 à 14 %. Mais, dans tous les cas, le nombre de décès suite à un infarctus du myocarde a été divisé par trois.
L’étude montre, par ailleurs, que le délai entre les premiers symptômes d’un infarctus chez une personne et l’appel à un médecin par ses proches a été largement raccourci. Il est passé de 120 minutes en moyenne en 1995 à 74 minutes en 2010, permettant ainsi une meilleure prise en charge des patients. La proportion de ces derniers directement orientés par le Samu est passée de 23,2 à 48,8 %.

Une mauvaise hygiène de vie

Pour autant, les médecins ne se réjouissent pas forcément. L’étude indique, en effet, que l’âge moyen des personnes frappées d’infarctus est désormais de 63 ans, contre 66 en 1995. Ce qui signifie que l’on est susceptible d’avoir une crise cardiaque plus tôt. Pour les praticiens, cela est dû à l’augmentation du nombre de fumeurs, mais également à l’obésité, particulièrement chez les jeunes et les femmes. Car, si la proportion d’hommes de moins de 60 ans parmi les victimes d’un infarctus a augmenté de 11 %, celle des femmes a également fait un bon, de 11,8 à 25,5 %. Ce taux s’accroît nettement chez les fumeuses (73,1 %).
Parallèlement, un étude suisse a montré la présence de « remaniements vasculaires » chez les jeunes adolescents fumeurs réguliers. Plus inquiétants encore, les scientifiques ne savent toujours pas si ces lésions précoces peuvent se réparer après l’arrêt de la cigarette.

Sources
- « Infarctus : moins de décès en France selon une étude », Atlantico.fr, 28 août 2012.
- « Infarctus : une mortalité divisée par trois en 15 ans », LePoint.fr, 28 août 2012.
- « Congrès de l’ESC : le cœur malmené des Françaises jeunes, fumeuses et obèses », Lequotidiendumedecin.fr, 27 août 2012.

Que faire en cas de suspicion d’infarctus ?

Tout malaise doit être considéré comme pouvant évoluer vers une urgence vitale et nécessite donc une prise de contact avec un médecin qui établira un diagnostic.
En attendant les secours, vous pouvez effectuer quelques gestes simples :

• mettre la personne au repos dans la position où elle se sent le mieux, généralement la position allongée ;

• l’interroger sur ce qu’elle ressent, les circonstances de survenue du malaise (notamment depuis combien de temps), les antécédents (est-ce la première fois qu’elle éprouve ce malaise ? Prend-elle des médicaments ? A-t-elle été hospitalisée ?) ;

• prévenir immédiatement les secours (le 112 dans l’Union européenne, le 15 ou le 18 en France, le 144 en Suisse, le 100 en Belgique, le 911 au Canada) en transmettant un maximum d’informations ;

• surveiller la victime et appliquer les conseils éventuellement donnés par le Samu ou les pompiers.

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