IVG : une tendance à la hausse

, par  Pauline Maisterra

Même si les chiffres sont encore provisoires, le nombre d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) aurait augmenté en France en 2013. C’est ce que révèle la Direction de la recherche, des études, de l’évolution et des statistiques (Drees) dans son dernier rapport, publié fin juin.

Une hausse de 4,7 % du nombre d’avortements en France en 2013 : c’est ce qui ressort de l’étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évolution et des statistiques (Drees) consacrée aux IVG en 2012 et qui montre la tendance pour 2013 grâce aux données fournies par le Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI). Les raisons ? « La gratuité des IVG depuis le 31 mars 2013 et l’augmentation en 2013 de la rémunération des établissements hospitaliers qui pratiquent une IVG », indique la Dress. Mais pas seulement... Selon Maya Surduts, présidente de la Coordination des associations de défense de l’avortement et de la contraception, la polémique autour des risques liés aux pilules de troisième et quatrième générations a aussi sa part de responsabilité : « Cela a créé un état d’anxiété chez les femmes, explique-t-elle. Certaines n’ont plus du tout pris de pilule après ça. » Selon l’enquête Fecond, réalisée par l’Ined et l’Inserm, parue en mai 2014, les troisième et quatrième générations représentent 25 % des pilules utilisées en 2013, contre 40 % en 2010. « Vous savez, ajoute Maya Surduts, le problème, c’est aussi le non-remboursement de certains moyens de contraception*. Cela pose de grosses difficultés pour les catégories défavorisées. »

Des chiffres stables jusqu’en 2012

En 2012, 207 000 avortements ont été pratiqués en métropole, un nombre relativement stable depuis une dizaine d’années. Les IVG sont plus fréquentes dans quatre régions métropolitaines : le Languedoc-Roussillon, l’Ile-de-France, la Corse et Paca, et les taux de recours sont très élevés dans les DOM, avec 19,4 IVG pour 1 000 femmes en 2012 à la Réunion, plus de 25 en Guyane et en Martinique et jusqu’à 37,5 en Guadeloupe. Par ailleurs, le taux d’avortement est en baisse chez les moins de 20 ans, tandis qu’il augmente chez les femmes âgées de 20 à 24 ans.
Cela dit, « la pilule reste prépondérante et le recours à la contraception, quelle que soit la méthode utilisée, n’a pas diminué », selon la Dress, qui souligne que « les femmes connaissent de mieux en mieux la contraception d’urgence et l’utilisent de plus en plus [...] : 1,2 million de pilules du lendemain et du surlendemain sont vendues chaque année depuis 2005 ».

* Moyens contraceptifs non remboursables par l’Assurance maladie : certaines pilules, les patchs contraceptifs, les anneaux vaginaux, les capes cervicales, ainsi que les spermicides et les préservatifs (source : Assurance maladie).

 

Sources
- « Les interruptions volontaires de grossesse en 2012 », Etudes et Résultats, Drees, Drees.sante.gouv.fr.
- « Le nombre d’IVG repart à la hausse », Europe1.fr, 3 juillet 2014.
- « Contraception : les Françaises délaissent la pilule pour des méthodes moins efficaces », Lexpress.fr, 13 mai 2014.
- « IVG dans le monde : moins nombreux mais souvent à risque », Pourquoidocteur.fr, 9 juillet 2014.
- « L’avortement non sécurisé reste fréquent dans le monde, mais il est moins souvent fatal », Population et Sociétés, Ined, Ined.fr.

 

Les avortements dans le monde Le nombre d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) dans le monde a diminué, selon le dernier rapport de l’Institut national d’études démographiques (Ined). En 1995, on comptait 35 avortements pour 1 000 femmes ; en 2003, ce chiffre est descendu à 29 et, depuis, il s’est stabilisé. L’une des explications ? « La diffusion de la contraception dans les pays en développement », note l’étude. Toutefois, « la proportion d’avortements non sécurisés, c’est-à-dire, selon l’OMS, “pratiqués par des personnes non qualifiées ou dans un environnement non conforme aux normes médicales minimales, ou les deux”, n’a pas baissé et représente encore près de la moitié des avortements volontaires (49 % en 2008) ». Pourtant, le nombre de décès à la suite d’un avortement diminue depuis deux décennies. L’Ined souligne que « la baisse a été particulièrement marquée en Amérique latine. Cette évolution est liée en partie à la diffusion de l’avortement médicamenteux dans des pays où il reste illégal ».

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