Hypertension artérielle sévère : fin de la prise en charge à 100 %

, par  Delphine Delarue

Les associations de malades et de médecins dénoncent le rejet, par le conseil d’Etat, de leur recours contre le décret supprimant l’hypertension artérielle (HTA) sévère de la liste des affections de longue durée (ALD).

Coup dur pour les associations de malades : le 27 octobre, le Conseil d’Etat a rejeté le recours déposé par le Collectif interassociatif sur la santé (CISS), l’association des accidentés de la vie (Fnath) et Alliance du cœur contre un décret publié en juin 2011 excluant l’hypertension artérielle (HTA) sévère de la liste des affections de longue durée (ALD). Pour les autorités, l’HTA sévère ne doit plus être prise en charge à 100 % par l’Assurance maladie, au motif qu’elle n’est pas une pathologie avérée, mais seulement un facteur de risque cardiovasculaire. Or, comme le soulignent la Fédération française de cardiologie et la Société française de cardiologie dans un communiqué, il s’agit bien d’« une maladie chronique très grave », qui conduit à « des complications cardiovasculaires handicapantes (cérébrales, cardiaques, coronaires, rénales) ». Au total, 11 millions de Français souffrent d’hypertension, et parmi eux 4,2 millions sont classés en ALD. Heureusement pour ces derniers, le décret ne s’appliquant qu’aux patients nouvellement diagnostiqués, ils devraient continuer à bénéficier d’une prise en charge à 100 %.

Inégalité d’accès aux soins

Pour les nouveaux malades qui n’ont pas de mutuelle par contre, pas de chance. Ils devront supporter un reste à charge correspondant à « 30 % des frais engagés pour l’achat de médicaments, d’examens complémentaires et de suivi médical », précise la Fédération française de cardiologie. Et avec le report de la dépense sur les organismes complémentaires, les adhérents mutualistes devront s’attendre à ce que cette mesure pèse sur l’augmentation des cotisations.
Les médecins et les associations de patients craignent donc une hausse du nombre d’hypertendus renonçant à leur suivi et à leurs soins faute de moyens et, en conséquence, une multiplication des complications liées à l’HTA (AVC, maladies coronaires, insuffisances cardiaques, rénales, démences...). Pour la Fédération française de cardiologie, la Société française de cardiologie et Alliance du cœur, il s’agit ici clairement d’« une aggravation de l’inégalité de l’accès aux soins des plus démunis » et d’une mesure « en parfaite incohérence avec les recommandations du Plan de lutte contre les AVC 2010-2014 ». Enfin, selon ces organismes, le coût sanitaire d’une telle décision en termes de traitements des complications sera bien plus élevé que les 20 millions d’économies attendues pour l’Assurance maladie.

Sources
- « La Fédération française de cardiologie, la Société française de cardiologie et l’Alliance du cœur déplorent la validation par le Conseil d’Etat de la suppression de l’hypertension artérielle sévère de la liste des affections de longue durée », communiqué, 31 octobre 2012.
- « Suppression de l’hypertension artérielle sévère de la liste des ALD : les associations de patients et celles de la cardiologie s’opposent à une telle mesure », Fédération française de cardiologie, Alliance du cœur, communiqué, 28 juin 2011.

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