Hépatites B et C : il faut mettre l’accent sur la prévention et le dépistage

, par  Aude Malaret

Près de la moitié des 500 000 Français infectés par le virus de l’hépatite B ou C l’ignorent. Un rapport remis à Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, recommande donc de renforcer la prévention, le dépistage et la prise en charge des personnes vulnérables.

Les hépatites B (VHB) et C (VHC) tuent chaque année 4 000 personnes en France. Reconnues de longue date comme une priorité de santé publique, elles ont fait l’objet depuis 1999 de trois plans nationaux en matière de prévention et de prise en charge de la maladie. Pour aller plus loin, la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, a commandé un rapport « sur la prise en charge des personnes infectées par les virus de l’hépatite B ou de l’hépatite C ». Remis le 19 mai à l’occasion de la Journée nationale de lutte contre les hépatites virales par l’Agence de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) et l’Association française pour l’étude du foie (Afef), ce document préconise d’améliorer la prévention, le dépistage et la prise en charge, en particulier pour les personnes vulnérables.

Une personne infectée sur deux l’ignore

Les hépatites B et C sont transmises par le sang, par voie sexuelle, ainsi que de la mère à l’enfant pour le VHB. Aujourd’hui, environ 500 000 personnes sont infectées dans notre pays, mais près de la moitié d’entre elles l’ignorent. D’où la nécessité de mettre l’accent sur la prévention, insistent les experts : si le dépistage ciblé du VHB et du VHC auprès des personnes à risque doit se poursuivre, ils recommandent de l’élargir aux hommes âgés de 18 à 60 ans et aux femmes enceintes dès la première consultation prénatale, en le couplant à celui du VIH. L’usage des tests rapides d’orientation diagnostique (Trod), réalisés en piquant le bout du doigt ou avec un simple prélèvement de salive et dont le résultat apparaît au bout de trente minutes, devrait favoriser le dépistage des populations qui ne fréquentent pas les structures médicales classiques.

Une couverture vaccinale insuffisante

Lorsqu’elles ne sont pas dépistées ou traitées, les personnes infectées présentent le risque de développer une cirrhose ou un cancer du foie. Alors qu’il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite C, la couverture vaccinale contre le VHB est selon le rapport insuffisante : chez les adolescents, elle est ainsi passée de 62 % en 2000-2001 à 43 % en 2008-2009, en raison, d’une part, de polémiques sur un lien supposé, mais jamais montré par les études scientifiques, avec la survenue de sclérose en plaques et, d’autre part, de l’arrêt des campagnes de vaccination chez les enfants depuis 1998. Des progrès sont toutefois enregistrés pour les nourrissons, immunisés à près de 80 %.

En ce qui concerne la prise en charge, d’importantes avancées thérapeutiques ont été réalisées dans le traitement de l’hépatite C, dont les taux de guérison avoisinent les 90 %, mais ces innovations coûteuses sont pour l’instant réservées aux cas les plus graves. Quant aux personnes atteintes par l’hépatite B, elles doivent être suivies à vie, les traitements permettant seulement de contrôler l’infection.

Sources
- « Prise en charge des personnes infectées par le virus de l’hépatite B ou de l’hépatite C », rapport de l’Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS).
- « Hépatites B et C : dépister plus, soigner mieux », Pauline Fréour, Lefigaro.fr, 19 mai 2014.
- « Hépatites B et C : il faut poursuivre et amplifier les efforts », Lepoint.fr, 19 mai 2014.

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