Hépatite C : une quasi-victoire pour la médecine

, par  Enrique Moreira

Avant, l’hépatite C, on en mourait, aujourd’hui, 70 % des personnes qui en sont atteintes peuvent être guéries grâce aux nouveaux traitements. C’est sur ce constat que s’est ouvert, le 14 janvier, le sixième congrès sur l’hépatite. Un rendez-vous international qui s’est déroulé à Paris et qui a réuni, pendant deux jours, les plus grands spécialistes du domaine. L’occasion pour certains d’entre eux de rappeler l’importance du dépistage, encore trop peu fréquent.

Dans le domaine de la santé, la tendance générale va plutôt aux mauvaises nouvelles : diabète en augmentation, cancer partout et assiettes empoisonnées... Alors quand une réunion internationale comme le sixième congrès sur l’hépatite s’ouvre avec l’annonce d’une quasi-victoire, en vingt-cinq ans, sur l’hépatite C, on applaudit et on écoute.
Les progrès de la médecine sur cette maladie ne sont certes pas totalement terminés. Selon les spécialistes, 90 000 personnes en France seraient encore porteuses du virus sans le savoir. Or l’hépatite C ne se trouve pas si on ne la cherche pas et elle reste mortelle lorsqu’elle n’est pas traitée suffisamment tôt. Plusieurs médecins ont donc fait circuler, à l’occasion du congrès, une tribune intitulée « Mobilisation pour la dernière ligne droite ».

Des économies à long terme

Dans le cadre de cette publication, les spécialistes (le professeur Patrick Marcellin en tête) font appel notamment aux pouvoirs publics pour apporter la dernière pierre à l’édifice et sauver les 30 % des malades de l’hépatite C qui ne sont pas soignés. Ils dénoncent le manque de moyens disponibles pour dépister plus rapidement la maladie et demandent une meilleure prise en charge de celle-ci en ce qui concerne les dernières thérapies.
Loin d’être ignorants de la situation budgétaire de la Sécurité sociale, les médecins y voient, eux, le moyen de faire des économies à long terme. « Certes, la généralisation de la prise en charge des malades et la prescription des traitements les plus récents auront un ratio coût-efficacité négatif à brève échéance », reconnaissent-ils, mais ils estiment que « le traitement d’une cirrhose, d’un cancer du foie ou d’une transplantation hépatique sera sans commune mesure avec celui d’un traitement devant permettre de les éviter ». Or l’hépatite C est, à ce jour, la première cause de greffe du foie.

« Des choix draconiens »

Les spécialistes estiment également que ce manque de moyens et la trop faible prise en charge de la maladie mettent « les équipes françaises face à des choix draconiens ». « Dans l’impossibilité de traiter tous les patients qui se présentent, et encore moins ceux qui devraient se présenter, elles sont obligées de privilégier les plus sérieusement atteints », expliquent-ils. Par conséquent, les autres perdent des chances de survivre. Pourtant, la France reste encore classée parmi les trente pays présentant les meilleures stratégies en matière de santé vis-à-vis des personnes souffrant d’hépatite C, et ce malgré les 3 500 décès que la maladie cause chaque année.

Sources
- Le site du sixième congrès sur l’hépatite : Aphc.info.
- « Guérison de l’hépatite C : la France est en tête, mais elle peut et doit mieux faire ! », blog « C’est la vie », Huffingtonpost.fr, 16 janvier 2013.
- « Hépatite C : trop de malades en attente d’un traitement », Leparisien.fr, 14 janvier 2013.
- « L’hépatite C est en passe d’être vaincue », Lepoint.fr, 14 janvier 2013.

DOSSIERS

Vivre avec la maladie de Parkinson

Avec plus de 200 000 personnes touchées en France, la maladie de Parkinson­ est l’affection neurodégénérative la plus fréquente après l’alzheimer. Elle évolue lentement, se manifeste parfois par des tremblements, mais surtout par des difficultés à effectuer des gestes et constitue ainsi une cause de (...)

En finir avec le mal de tête

Même s’ils peuvent être très gênants, les maux de tête sont la plupart du temps sans gravité, mais quand ils se répètent, c’est toute la qualité de vie qui est altérée. Heureusement, qu’il s’agisse de céphalée de tension ou de migraine, des solutions efficaces existent, à condition de bien identifier la (...)

Santé au travail Prévenir les risques professionnels

La récente intensification du travail induit de nouvelles formes d’organisation qui ne sont pas sans risques sur la santé physique et mentale des salariés. Ces contraintes se traduisent essentiellement par une augmentation des troubles musculo- squelettiques (TMS) et des pathologies psychiques au (...)

Surveiller sa santé grâce aux objets connectés

Depuis l’apparition des podomètres « intelligents », nombreuses sont les personnes qui consultent régulièrement leur Smartphone pour savoir combien de pas elles ont faits dans la journée. Les objets connectés, très populaires, ont donné une deuxième jeunesse à la prévention en apportant un aspect ludique (...)

ARTICLES RÉCENTS