Halte aux « thérapies alternatives » dans le traitement des cancers

, par  Delphine Delarue

Dans son rapport annuel publié le 15 juin, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) alerte les malades du cancer et leurs familles contre les thérapies non conventionnelles censées guérir de la maladie.

Cure de jus de légumes, de jus de citron, de lait caillé ou d’huile essentielle de lin, urinothérapie, naturopathie, injections de bicarbonate de soude… : la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), qui vient de publier son rapport annuel, a répertorié pléthore de méthodes dites alternatives, censées guérir du cancer et pratiquées par près de 10 000 « pseudo-thérapeutes » en France. « Les pratiques non conventionnelles présentées comme étant thérapeutiques sous le nom de médecines alternatives, de médecine complémentaires, de médecines douces ou de médecines naturelles connaissent un développement croissant », écrivent les auteurs du rapport. Et derrière ces méthodes non reconnues se cachent parfois des mouvements sectaires ou des personnages présentant toutes les caractéristiques du gourou et n’ayant suivi aucune formation académique.

Utiliser la vulnérabilité des patients

L’objectif de ces charlatans est simple : utiliser la peur véhiculée par le cancer et profiter de la vulnérabilité et de la fragilité des malades pour leur proposer, par exemple, de participer à des séminaires très coûteux. Certains sont même encouragés à arrêter leur traitement, avec les conséquences terribles que l’on peut imaginer. Aussi la Miviludes appelle-t-elle les patients et leurs familles à la plus grande vigilance, et les pouvoirs publics à renforcer les dispositifs de lutte contre le développement des dérives sectaires dans le champ de la santé. Avec ses partenaires associatifs et institutionnels, parmi lesquels l’Institut national du cancer (Inca), le ministère chargé de la Santé, la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer et le Conseil national de l’ordre des médecins, la Miviludes a élaboré un dépliant d’information qui sera distribué dans tous les centres de soins du cancer.

Source
- « Rapport au Premier ministre, 2010 », Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, juin 2011.

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