Galléco : une monnaie locale pour des échanges responsables

, par  Mutuelle des Pays de Vilaine

En Ille-et-Vilaine, on entend de plus en plus parler du galléco, une monnaie complémentaire mise en place par les citoyens sur une initiative du conseil général. Objectif : favoriser le commerce local et donner du sens à ces échanges, pour une économie durable et juste.

Le galléco est une monnaie locale complémentaire. Elle s’utilise exactement comme l’euro (1 galléco vaut 1 euro), à deux exceptions près :
• elle n’est acceptée que sur un territoire bien délimité (le pays de Redon-Bretagne Sud*, le pays de Fougères et Rennes centre) ;
• elle ne sert qu’à l’échange, c’est-à-dire à acheter des biens et des services dans les entreprises locales (commerces, artisans, agriculteurs...). On ne peut pas la placer à la banque ni spéculer avec, contrairement à l’euro**.

Quel intérêt ?

Les gallécos ne peuvent pas sortir d’un territoire donné et encore moins aller sur les marchés financiers. Ils ne font que circuler entre les citoyens et les entreprises de ce territoire et sont donc plus efficaces que l’euro pour faire marcher l’économie locale : si on choisit, en tant que citoyen, de régler une partie de ses achats en gallécos, l’entreprise qui les reçoit ne peut les remettre en circulation qu’en achetant à son tour des biens ou des services auprès d’entreprises locales, alors que si on la paye en euros, elle peut les placer ou les utiliser, par exemple, pour acheter sur Internet.
Une entreprise aura, bien sûr, toujours besoin d’euros pour s’approvisionner hors du territoire, payer ses impôts et ses cotisations… Voilà pourquoi on parle de monnaie complémentaire : le but n’est pas de remplacer l’euro, mais de faire en sorte qu’une plus grande partie de la consommation des habitants et des entreprises se dirige vers l’économie locale. Même si ces échanges ne représentent que 2 ou 3 %, cela peut faire une grande différence : en Bavière, où une monnaie locale – le chiemgauer – existe depuis dix ans, les entreprises qui l’acceptent ont vu leur chiffre d’affaires croître de 10 % et certaines ont même pu créer des emplois.
Par ailleurs, les euros changés en gallécos sont déposés sur un compte au Crédit coopératif et servent à financer des projets locaux : un autre effet bénéfique pour l’économie locale.

Comment les entreprises participantes sont-elles choisies ?

Des membres de l’association Galléco démarchent les entreprises locales pour les inciter à participer. Certaines présentent aussi d’elles-mêmes leur candidature. Dans tous les cas, elles doivent remplir un questionnaire portant sur différents domaines : implication dans la vie du territoire, respect de l’environnement, politique vis-à-vis des salariés (CDI, formation…), des clients et des fournisseurs, engagement dans le galléco…
L’objectif est d’accueillir dans le réseau des entreprises qui ont déjà de bonnes pratiques ou qui cherchent à progresser.
Des citoyens membres de l’association se réunissent en comité local d’animation (CLA) pour examiner les candidatures. Une fois celle-ci retenue, l’entreprise adhère à l’association et peut accepter les paiements en gallécos.

Comment se procurer des gallécos ?

Pour utiliser la monnaie locale, c’est très simple : il suffit d’adhérer à l’association (prix libre), puis de changer ses euros en gallécos. On peut adhérer :
• à Redon, auprès d’Anita Mercerie, de la libraire Libellune, du salon de thé Le Chat Pot Thé ou, tous les quinze jours, du stand de l’association Galléco sous les halles ;
• à Saint-Senoux, à la boutique de la Trotinais ;
• à Plessé, au Gaec des Sept Chemins ;
• sur le site Internet Galleco.fr.
Ces lieux sont également comptoirs de change, tout comme la Biocoop Le Héron bleu et la ferme de la ­Pihaudaie (halles de Redon, les ­lundis, ­vendredis, samedis).
Qui est à l’origine de l’initiative ?
C’est le conseil général d’Ille-et-Vilaine qui a lancé l’initiative en 2011, mais il a voulu d’emblée que la monnaie soit co-construite avec les citoyens des territoires concernés. Ceux-ci ont été associés à de nombreux aspects du projet et, avant même le lancement de la monnaie en septembre 2013, une association a été créée pour porter la démarche. Y sont représentés à parité le conseil général, les citoyens, les entreprises adhérentes et les partenaires (des structures, le plus souvent de l’économie sociale et solidaire, qui soutiennent la démarche).

Où en est-on aujourd’hui ?

Fin mars 2014, après six mois de fonctionnement, 145 citoyens utilisent cette monnaie et 48 entreprises très diverses l’acceptent, principalement à Redon, mais aussi – et de plus en plus – aux alentours de Plessé à Maure-de-Bretagne. Le galléco est donc en bonne voie. Et si chacun décide de l’utiliser, il produira tout son effet sur l’économie et les emplois locaux.

Le comité local d’animation du galléco de RedonGIF

* C’est-à-dire les cantons de Redon, de Pipriac, de Grand-Fougeray, de Saint-Nicolas-de-Redon, de Guémené-Penfao, de La Gacilly, d’Allaire et la commune de Théhillac.
** En 2007, selon les chiffres du Fonds monétaire international (FMI), 98 % des euros circulaient sur les marchés financiers et 2 % seulement dans l’économie réelle.
Pour plus d’infos : Galleco.fr.

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