La France moins accro aux médicaments

, par  Enrique Moreira

Une étude menée depuis dix ans sur sept pays d’Europe conclut que la France n’est plus en tête de la consommation de médicaments. Même si les Français, toujours selon cette enquête, continuent d’avaler trop d’anxiolytiques et d’antibiotiques…

LIR, un laboratoire d’idées spécialisé dans l’innovation de la santé, a mené, au sein de son observatoire du médicament, une étude auprès de sept pays de l’Union européenne : la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Huit classes thérapeutiques ont été prises en compte : les antibiotiques, les anxiolytiques, les antidépresseurs, les anti-ulcéreux, les hypolipémiants, les anti-hypertenseurs, les antidiabétiques et les antiasthmatiques. « Ces médicaments sont destinés au traitement de maladies majeures, fréquentes et essentiellement traitées en ville dans tous les pays couverts par l’étude », précise la synthèse publiée le 3 juillet dernier.

La fin d’une exception

En 2000, les Français était ceux qui avalaient le plus de pilules, et ce dans les huit classes concernées. LIR constate que ce n’est plus le cas aujourd’hui : en 2011, « la France affiche le taux d’évolution le plus faible et une modération relative de sa consommation de médicaments ». Conséquence : le pays est désormais dans « la moyenne européenne » concernant six des huit catégories étudiées. Il régresse même nettement dans plusieurs de celles-ci, comme les antidépresseurs, les anti-ulcéreux, les antidiabétiques et les anti-hypertenseurs.

Toujours trop d’antibiotiques

A contrario, dans deux autres classes médicamenteuses, les antibiotiques et les anxiolytiques, la France conserve malheureusement son avance.
La baisse de la consommation de 15 % des antibiotiques ces dix dernières années ne suffit pas à faire revenir le pays dans la moyenne européenne. En matière d’usage d’anxiolytiques, les disparités entre les sept pays sont très fortes, allant parfois du simple au triple. Et si sur la période 2000-2011 la France a diminué sa consommation, elle reste dans les trois pays qui en usent le plus.

Des campagnes de sensibilisation utiles

Mis à part ces deux classes thérapeutiques, pour LIR, cette étude sur le long terme démontre avant tout que la « politique du juste usage du médicament […] porte ses fruits ». Pour le groupe de réflexion, ces résultats « viennent corriger des idées reçues ». Par ailleurs, ils ouvrent des perspectives de dialogue sur la question de la maîtrise des dépenses de santé. De futures pistes sont envisageables quant au moyen de revenir à l’équilibre des finances sociales.

Source :
« Etude européenne sur la consommation de médicament, 2000-2011 », réalisée par le groupe de réflexion LIR, publiée le mardi 3 juillet 2012.

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