Les Français adeptes du grignotage

, par  Delphine Delarue

Selon l’étude Nutrinet santé, plus de 60 % de la population française grignoterait entre les repas. Un pourcentage plus élevé chez les femmes, les jeunes et les plus diplômés et qui concernerait davantage le nord et l’est du pays.

Les Français auraient-ils un faible pour les boissons sucrées, les gâteaux, les barres chocolatées et autres petites douceurs ? Il semblerait bien que oui : 61 % de la population grignoterait entre les repas, selon les résultats préliminaires de l’étude Nutrinet santé menée auprès de 180 000 internautes. Coordonnée par l’unité de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Inserm, Inra, Cnam, université Paris-XIII), cette vaste étude nutritionnelle lancée il y a deux ans sur Internet a pour objectif de mieux comprendre les relations entre nutrition et santé. A terme, 500 000 internautes devraient être recrutés pour être suivis pendant cinq ans (renseignements : www.etude-nutrinet-sante.fr).
Dans le détail de ces premiers résultats consacrés aux rythmes alimentaires, 35 % des personnes interrogées grignoteraient donc façon régulière – c’est-à-dire au moins un grignotage, soit une prise alimentaire en plus des trois repas principaux, renouvelé pendant deux jours sur une période de trois jours – et 26 % de façon occasionnelle – au moins un grignotage sur trois jours. L’étude nous apprend également que les femmes sont plus nombreuses à manger entre les repas que les hommes (38 % contre 32 %) et qu’elles craquent davantage pour les produits sucrés et gras sucrés (desserts, gâteaux, viennoiseries…) que pour les fruits. De leur côté, les hommes auraient une petite préférence pour les boissons sucrées et alcoolisées.

Moins de grignoteurs chez les artisans, les commerçants et les chefs d’entreprise

Autre enseignement : les générations plus âgées comprennent moins de grignoteurs que les plus jeunes (58 % chez les plus de 55 ans et 63 % chez les moins de 55 ans). Les catégories sociales les moins favorisées, c’est-à-dire celles touchées par le chômage ou bénéficiant des aides sociales, grignotent quant à elles plus que les artisans, les commerçants ou les chefs d’entreprise (66 % contre 57 %). Et plus le niveau d’études augmente, plus le grignotage s’installe : on comptabilise ainsi 63 % de grignoteurs chez les plus diplômés, contre 57 % chez les moins diplômés. Enfin, géographiquement, le nord et l’est sont les régions où l’on retrouve le plus de grignoteurs (65 %) et le Sud-Ouest et la région parisienne celles où ils sont les moins nombreux (respectivement 60 et 59 %).
De tels comportements ne sont évidemment pas anodins : ils perturbent l’équilibre alimentaire, puisque, d’après cette étude, l’apport calorique supplémentaire des grignoteurs sur une journée varierait de 273 à 484 kCal, soit l’équivalent d’un plat de résistance.

Source
Dossier de presse « Etude Nutrinet-santé – Etat d’avancement et résultats préliminaires après deux ans de fonctionnement », INVS, INPES, Inserm, Inra, Cnam, université Paris-XIII-Nord, Fondation pour la recherche médicale, 10 mai 2011.

DOSSIERS

Cuisiner, c’est bon pour la santé

Choisir des produits sains et se préparer à manger plutôt que recourir à des plats industriels est un moyen simple de préserver sa santé, d’autant qu’il n’est pas nécessaire d’être un véritable cordon-bleu pour se faire du bien. Cuisiner est aussi un formidable moyen de partager : faire découvrir aux (...)

Vivre avec la maladie de Parkinson

Avec plus de 200 000 personnes touchées en France, la maladie de Parkinson­ est l’affection neurodégénérative la plus fréquente après l’alzheimer. Elle évolue lentement, se manifeste parfois par des tremblements, mais surtout par des difficultés à effectuer des gestes et constitue ainsi une cause de (...)

En finir avec le mal de tête

Même s’ils peuvent être très gênants, les maux de tête sont la plupart du temps sans gravité, mais quand ils se répètent, c’est toute la qualité de vie qui est altérée. Heureusement, qu’il s’agisse de céphalée de tension ou de migraine, des solutions efficaces existent, à condition de bien identifier la (...)

Santé au travail Prévenir les risques professionnels

La récente intensification du travail induit de nouvelles formes d’organisation qui ne sont pas sans risques sur la santé physique et mentale des salariés. Ces contraintes se traduisent essentiellement par une augmentation des troubles musculo- squelettiques (TMS) et des pathologies psychiques au (...)

ARTICLES RÉCENTS