On estime le nombre d’espèces végétales présentes sur le globe à plus de 500 000, dont seulement la moitié environ sont répertoriées. Selon l’OMS, 22 000 peuvent être considérées comme possédant des qualités médicinales utilisées par les médecines traditionnelles. Parmi elles, 3 000 environ ont fait l’objet d’études scientifiques, cliniques ou pharmacologiques.
Source : Le guide des plantes qui soignent, Vidal (465 pages, 26 euros).
On estime le nombre d’espèces végétales présentes sur le globe à plus de 500 000, dont seulement la moitié environ sont répertoriées. Selon l’OMS, 22 000 peuvent être considérées comme possédant des qualités médicinales utilisées par les médecines traditionnelles. Parmi elles, 3 000 environ ont fait l’objet d’études scientifiques, cliniques ou pharmacologiques.
Les tisanes : c’est le moyen le plus traditionnel et le plus simple pour utiliser les plantes « en vrac », qu’elles soient fraîches ou sèches. On distingue l’infusion (plantes infusées quelques minutes dans de l’eau bouillante), privilégiée pour les fleurs et les feuilles, de la décoction (le mélange eau et plante est porté à ébullition), davantage utilisée pour extraire les principes actifs contenus dans les graines, les écorces, les racines...
Les poudres : elles nécessitent le séchage de la plante, puis une pulvérisation plus ou moins fine selon les besoins, et permettent ensuite de fabriquer gélules, comprimés... Elles sont moins stables dans le temps que les plantes séchées.
Les extraits : ils sont réalisés par trempage de la plante dans un solvant (eau, alcool, éther...), suivi d’un rinçage. C’est une forme assez concentrée (1 gramme d’extrait correspond à 1 gramme de « drogue » sèche), que l’on trouve sous forme fluide ou sèche (nébulisat, différent d’une poudre).
Les extraits fluides glycérinés : ils sont obtenus à partir de végétaux broyés frais et macérés dans un mélange d’eau, d’alcool (ensuite éliminé) et de glycérine. C’est une forme galénique assez prisée des phytothérapeutes.
Les huiles essentielles : fabriquées par distillation (pour la plupart des plantes) ou par pressage (pour les agrumes ; on parle alors plutôt d’essence), elles sont extrêmement concentrées et relèvent de l’aromathérapie, proche parente de la phyto (lire également « Aromathérapie : une “petite sœur” efficace »).
Les suspensions de plante fraîche : comme leur nom l’indique, elles sont réalisées moins de vingt-quatre heures après la cueillette. La plante est cryobroyée, puis mise en suspension dans un mélange hydroalcoolique qui permet un blocage transitoire des réactions enzymatiques, rétablies au moment de l’emploi par dilution dans de l’eau. Elles ne sont pas très nombreuses, mais sont intéressantes et actives.
Les teintures-mères : très concentrées et donc utilisées généralement en gouttes, elles sont obtenues par macération de la plante ou d’une partie de celle-ci, à froid ou à chaud, dans de l’alcool qui sert aussi bien pour l’extraction que pour la conservation. Elles sont très répandues en France.
Les alcoolats : également appelés élixirs, esprits ou quintessences, ce sont liquides incolores obtenus par distillation d’une macération de plantes fraîches ou sèches dans de l’alcool.
L’aromathérapie (soin par les huiles essentielles), aujourd’hui en pleine expansion, fait partie intégrante de la phytothérapie. Les huiles essentielles (HE) sont des extraits liquides, volatils et très aromatiques, obtenus de façon naturelle, par distillation à la vapeur d’eau, à partir d’une plante et qui en concentrent les actifs thérapeutiques. Ce sont en quelque sorte des « quintessences » de plante, des « super-concentrés ». Utilisées en aromathérapie depuis des millénaires, mais de façon totalement empirique, les huiles essentielles ont depuis bénéficié de plusieurs centaines d’études médicales et scientifiques qui ont validé leurs vertus thérapeutiques. Une même plante peut donner plusieurs huiles essentielles, extraites de différentes parties (fleurs, feuilles, tiges, racines). Chacune possède jusqu’à deux cents molécules actives, d’où un large spectre d’applications. Les associations fonctionnent à merveille, car les HE sont plus efficaces quand elles travaillent en synergie. Ainsi, avec un nombre d’huiles assez réduit (une grosse douzaine), on peut soulager un grand nombre de maux en utilisant ces principes d’association. Les HE peuvent aussi être utilisées « en solo », ce qui est simple, pratique et rapide, à condition de les manier avec précaution : respecter les indications et voies d’administration (orale, cutanée, respiratoire...), surveiller scrupuleusement les dosages (en multipliant par deux le nombre de gouttes, on ne guérit pas deux fois plus vite, mais on risque des effets secondaires), suivre les contre-indications et les précautions d’emploi et se former, avec un guide pratique ou auprès d’un spécialiste, pour ne pas faire n’importe quoi. Enfin, il faut toujours choisir des huiles essentielles Ecocert, HEBBD (huile essentielle botaniquement et biochimiquement définie) ou encore HECB (huile essentielle chémotypée* 100 % biologique ou huile essentielle 100 % pure, naturelle et chémotypée). Ce sont des labels (officiel pour Ecocert, spécifiques à un industriel pour les autres) qui garantissent une huile de qualité et 100 % efficace.
Ces derniers mois a circulé, via Internet et les réseaux sociaux, une pétition annonçant la disparition de centaines de plantes et la mort de la phytothérapie suite à l’application en avril 2011 d’une directive européenne (2004-24 CE) du 31 mars 2004. Criant au complot des laboratoires pharmaceutiques, cette pétition appelle le public à réagir pour sauver les plantes.
Que dit la directive ? En résumé, que chaque médicament de phytothérapie doit bénéficier d’une autorisation de mise sur le marché (AMM), mais avec une procédure simplifiée, car l’AMM peut parfaitement être fondée sur une bibliographie (généralement existante), sans besoin d’essais cliniques.
Quant aux plantes plus « exotiques », issues de la phytothérapie chinoise, ayurvédique ou de toute autre tradition, elles doivent seulement prouver leur usage médical depuis trente ans dont au moins quinze dans l’Union européenne.
Qu’en pensent les professionnels ? « En réalité, cette directive a simplement pour objectif de normaliser l’enregistrement des médicaments dans toute l’Europe, explique Stéphane Korsia-Meffre, médecin. Elle ne concerne que les médicaments de phytothérapie, ne s’intéresse ni aux compléments alimentaires ni aux plantes en vrac. Il n’y a donc pas lieu de s’affoler. » Avis partagé par Jean-Michel Morel, médecin phytothérapeute, qui estime que « cette pétition est un hoax (un canular, NDLR) ».
« Il faut de toute façon une réglementation autour des plantes, souligne-t-il, afin de travailler en toute sécurité pour le patient-consommateur. Du fait d’une réglementation trop laxiste, il existe en effet une véritable “niche écologique“ vacante, dans laquelle tout le monde s’engouffre sans distinction, ce qui est préjudiciable. »

Ma petite pharmacie du balcon, d’Anne McIntyre. Marabout (12,90 euros, 124 pages).
Traité pratique de phytothérapie, de Jean-Michel Morel. Grancher (618 pages, 33 euros).
Guide des plantes qui soignent, de Stéphane Korsia-Meffre (coord.). Vidal (465 pages, 26 euros).
Je me soigne avec les huiles essentielles : les acheter, les mélanger et les utiliser, d’Astrid Shilling. Ed. de l’Homme (200 pages, 20 euros).
Les huiles essentielles, guide et conseils pratiques, de France de Coudenhove. Ed. Stéphane Bachès (114 pages, 12,50 euros).



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