Des médecins demandent la fin des dépassements d’honoraires

, par  Julien Jeffredo

Deux cents praticiens cosignent un manifeste pour la fin de l’exercice privé au sein de l’hôpital public. Pratiqué par une petite minorité des médecins hospitaliers, celui-ci engendre souvent d’importants dépassements d’honoraires.

Axel Kahn, Irène Frachon… Ils sont 200 au total, parmi les plus grands noms de la médecine française, à réclamer la fin des activités libérales avec dépassements d’honoraires au sein de l’hôpital public. Une pratique dénoncée il y a quelques semaines par 60 Millions de consommateurs et dont nous vous parlions ici.

« Nous, médecins des hôpitaux, déplorons les dérives excessives de l’exercice privé à l’hôpital public. » C’est ainsi que débute le manifeste, qui, plus loin, déplore ces dérives « régulièrement dénoncées, mais de fait tolérées et par la communauté médicale, incapable d’imposer le respect des règles éthiques, et par l’administration et le pouvoir politique, incapables de faire respecter la loi ».

Même si tous les praticiens hospitaliers peuvent demander à exercer en libéral dans la limite de 20 % de leur activité, ils ne sont dans les faits que 1 864 sur 45 000 à bénéficier de cet aménagement.

Un aménagement contesté depuis longtemps

Celui-ci est une concession faite en 1958 par une ordonnance issue de la réforme de l’hôpital par la loi Debré. A l’époque, l’objectif était d’éviter la fuite des cerveaux de l’hôpital public vers le privé, où les honoraires sont bien plus élevés. Depuis, la loi a supprimé cette mesure, en 1981, pour finalement la rétablir, en 1986, tout en prévoyant des modalités de contrôle jamais mises en place.

Le manifeste ne se restreint pas au domaine de l’hôpital public. Il demande également la « limitation des dépassements d’honoraires en ville » , une « revalorisation des tarifs remboursés par la Sécurité sociale » et la « création d’une assurance publique de responsabilité civile professionnelle ».

Source
- « L’appel des médecins hospitaliers aux candidats à la présidentielle », Libération, 20 mars 2012.

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