Santé
Dépistage organisé du cancer du sein : 3 000 vies à sauver chaque année

Le dépistage organisé du cancer du sein, destiné aux femmes de 50 à 74 ans, n’a pas encore atteint ses objectifs. Seule une femme concernée sur deux en bénéficie. Pourtant, selon les autorités sanitaires, il permettrait un diagnostic plus fiable et plus précoce que le dépistage individuel. S’il était généralisé à l’ensemble de la population ciblée, il pourrait ainsi sauver 3 000 vies chaque année.
Menée depuis 2004, la campagne de dépistage organisé du cancer du sein présente des résultats mitigés. En huit ans, seules la moitié des 4,3 millions de femmes de 50 à 74 ans concernées par ces contrôles en ont profité. On est encore loin de l’objectif des 65 % prévu pour 2013 par le plan cancer. Surtout, la Haute Autorité de santé (HAS) souhaite dissuader le dépistage individuel, choisi par 10 % des femmes, au profit du dépistage organisé.
Les avantages de la double lecture
Selon la HAS, en effet, ce type de dépistage a pour principal atout d’offrir une double lecture de tous les clichés réalisés lors de la mammographie, par un premier, puis par un second radiologue. Depuis le lancement du programme, 9 % des cancers dépistés l’ont été grâce à cette seconde lecture.
De plus, les radiologues qui travaillent dans le cadre du dépistage organisé ont l’obligation de suivre une formation spécifique et, surtout, ils doivent apporter la preuve qu’ils pratiquent très régulièrement cet examen (au moins 500 mammographies par an et même 2 000 pour ceux qui pratiquent la seconde lecture). Côté matériel, le dépistage organisé offre aussi des garanties, puisque les mammographes sont contrôlés deux fois par an.
Plus efficace et moins coûteux
Privilégier un dépistage plus performant, c’est permettre une détection plus précoce du cancer du sein. Or, on sait que plus la maladie est traitée tôt, plus il est facile de la vaincre. Si toutes les femmes concernées participaient au dépistage organisé, on estime que 3 000 vies supplémentaires pourraient être épargnées chaque année. Et si la survie des patientes est en jeu, leur qualité de vie également, car un dépistage précoce implique des traitements moins lourds et moins mutilants.
A terme, la HAS espère faire du dépistage organisé l’unique mode de détection du cancer du sein pour les femmes de 50 à 74 ans. Outre son intérêt sanitaire, il permettrait d’économiser 3 millions d’euros par an à l’Etat ainsi qu’aux patientes elles-mêmes, qui font de plus en plus les frais des dépassements d’honoraires.
Julien Jeffredo - redaction mutualistes.com
Source
• Haute Autorité de santé, « Participation au dépistage du cancer du sein : recommandations de la HAS pour les femmes de 50 à 74 ans », Questions-Réponses, novembre 2011.
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