Dépassements d’honoraires : une manne pour les spécialistes

, par  Julien Jeffredo

Pratiquer des prix supérieurs aux tarifs conventionnés par la Sécurité sociale est une source de revenus non négligeable pour de nombreux praticiens. Mais les disparités sont grandes en fonction des disciplines : les dépassements varient de 4 % du total des honoraires chez les cardiologues à 46 % chez les stomatologues. Une charge financière que les Français et leurs complémentaires sont de plus en plus réticents à endosser.

Entre 2008 et 2010, la quasi-totalité des praticiens ont vu leurs revenus augmenter grâce aux dépassements d’honoraires. Et les champions toutes spécialités confondues sont les stomatologues : leurs honoraires incluent 46 % de dépassements en 2010, bien au-dessus de la moyenne des autres praticiens, établie à 11,7 %. Un rapport du ministère de la Santé, intitulé « Les honoraires des professionnels de santé libéraux entre 2008 et 2010 », détaille les disparités en fonction des disciplines.
On apprend ainsi que les dépassements d’honoraires constituent une part réduite des revenus de certains spécialistes, par exemple les cardiologues, les pneumologues et les radiologues (4 % du total des honoraires). La plupart des professionnels de santé se situent dans une fourchette intermédiaire : les dépassements représentent 17 % des revenus des anesthésistes, 30 % de ceux des gynécologues et 32 % de ceux des chirurgiens.

Un surcoût pour les patients

Ces trois professions sont précisément celles concernées par le « secteur optionnel » prévu par la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS). Si un accord n’est pas trouvé prochainement entre l’Assurance maladie, les complémentaires et les médecins pour limiter les dépassements d’honoraires, alors ceux-ci seront à la charge des complémentaires. Un surcoût pour les mutuelles, qui devront le répercuter sur le prix de leurs cotisations.
Or, selon une étude réalisée par Ipsos en mai 2011, 57 % des Français déclarent avoir déjà « atteint ou dépassé leur limite budgétaire » en matière de complémentaire santé, et ils sont 40 % à estimer qu’entre 2010 et 2011 l’augmentation de leurs dépenses de santé a été supérieure à 10 %.

Sources
- Rapport du ministère de la Santé, « Les honoraires des professionnels de santé libéraux entre 2008 et 2010 », Etudes et résultats, n° 786, décembre 2011.
- Lettre de l’Agence fédérale d’information mutualiste (Afim), n° 4062, 13 janvier 2012.

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