Dépassements d’honoraires : à l’hôpital public aussi

, par  Julien Jeffredo

Certains médecins des hôpitaux publics pratiquent eux aussi des honoraires libres. Limitées à 20 % de leurs activités, ces consultations se révèlent très chères. Leurs tarifs, qui en moyenne atteignent 2,4 fois celui de la Sécu, dépassent même ceux pratiqués dans le privé. Mais c’est souvent le prix à payer pour obtenir un rendez-vous rapidement.

C’est un fait peu connu, mais certains médecins pratiquent une activité libérale au sein même d’un hôpital public. Et qui dit activité libérale, dit possibilité de pratiquer des honoraires libres lorsqu’ils exercent en secteur 2. Ils sont nombreux à ne pas s’en priver : 2 000 dans l’ensemble du pays. C’est ce que révèle une récente enquête menée par 60 millions de consommateurs.

Légalement contraints de n’exercer que 20 % de leur activité en libéral, les praticiens en profitent pour dépasser largement le tarif conventionné (remboursé par la Sécurité sociale). Si le montant moyen de ces honoraires libres équivaut en moyenne à 2,4 fois le tarif de la Sécu, il peut atteindre jusqu’à 10 fois celui-ci. On notera néanmoins que le phénomène n’a pas la même ampleur dans toutes les régions : ces dépassements d’honoraires sont essentiellement pratiqués en Alsace, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Rhône-Alpes.

Concurrence avec les cliniques privées

Pour les cas les plus extrêmes, la pose d’une prothèse de hanche, remboursée 459 euros par la Sécu, peut vous coûter jusqu’à 5 000 euros dans hôpital public parisien ; l’opération d’une hernie discale, remboursée 285 euros, peut vous coûter 1 400 euros à Lille. C’est cher, et c’est même davantage que dans les établissements privés – « en moyenne deux fois plus », selon un rapport publié en avril 2007 par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas).
Cette concession est réservée aux chefs de clinique, les médecins les plus chevronnés, afin d’empêcher qu’ils ne fuient vers le privé. En contrepartie de l’utilisation des infrastructures de l’hôpital, un pourcentage de leurs honoraires est reversé à l’établissement sous forme de redevance.

Le prix à payer pour ne pas attendre

Si les médecins et les infrastructures sont les mêmes, alors pourquoi consulter en libéral ? Selon l’enquête de 60 millions de consommateurs, le patient ne sait pas toujours que, le jour de sa visite, le médecin exerce en secteur 2. Mais le plus souvent, c’est pour obtenir un rendez-vous le plus rapidement possible qu’il fait le choix de débourser plus d’argent… quand il le peut.

Sources
- « Dépassements d’honoraires : à l’hôpital aussi », 60 millions de consommateurs, n° 469, mars 2012. Voir aussi 60millions-mag.com.
- « Les dépassements d’honoraires médicaux », rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), avril 2007. Disponible sur le site de la Documentation française.

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