Contraception des mineures : des pistes pour développer un accès anonyme et gratuit

, par  Julien Jeffredo

Le nombre croissant d’avortements des moins de 18 ans montre l’insuffisance de la contraception chez les adolescents. En cause, la difficulté d’accéder gratuitement et de façon anonyme à des contraceptifs pour les jeunes filles, qui portent trop souvent seules le poids de cette responsabilité. Dans un récent rapport remis à la secrétaire d’Etat à la Jeunesse, Jeannette Bougrab, la psychologue Sophie Marinopoulos et les gynécologues Israël Nisand et Brigitte Letombe proposent des mesures pour y remédier.

Les moins de 18 ans sont de plus en plus nombreuses à subir un avortement. L’an dernier elles étaient 12 000, contre 8 700 en 1990. Impossible de ne pas y voir un échec de la politique en faveur de la contraception.
C’est à partir de ce constat que le gynécologue Israël Nisand, sa consœur Brigitte Letombe et la psychologue Sophie Marinopoulos ont rédigé le rapport « Et si on parlait de sexe à nos ados ? Pour éviter les grossesses non prévues chez les jeunes filles* ». Ils l’ont remis le 16 février dernier à la secrétaire d’Etat à la Jeunesse, Jeannette Bougrab. Au total, les auteurs y formulent dix-huit propositions pour prévenir les grossesses accidentelles chez les adolescentes.

Rendre la contraception plus accessible

Parmi celles qui ont retenu l’attention de Jeannette Bougrab : le forfait contraception. « Aujourd’hui, on est dans cette situation paradoxale où la contraception d’urgence est gratuite et anonyme, mais pas la contraception régulière », déplore la secrétaire d’Etat. En fait, seuls les centres de planification garantissent l’anonymat et la gratuité, mais, comme le pointe le rapport, ils sont difficilement accessibles dans les zones rurales, et de plus à des horaires contraignants. Ce forfait contraception permettrait à toutes les mineures d’obtenir gratuitement des moyens contraceptifs auprès d’un pharmacien. Financés par la Sécurité sociale et les laboratoires à hauteur de 7 euros mensuels, ils seraient directement remboursés à partir d’une feuille de soin anonyme.

Ne pas laisser les adolescentes seules face à cette responsabilité

Mais le rapport cherche aussi à diversifier les moyens d’éviter ces grossesses précoces en s’adressant aux autres acteurs potentiels de la contraception. Les auteurs proposent en particulier de diffuser et de prescrire plus largement des contraceptifs à l’intention des jeunes hommes, afin de les éduquer et de les responsabiliser davantage.
Les parents sont également ciblés : d’obstacle, les auteurs souhaitent en faire un relais d’information vers leurs enfants. Les campagnes médiatiques pourraient ainsi leur être adressées directement et les renseigner sur les dispositifs prévus pour l’accompagnement des jeunes.

* Un livre issu du rapport, Et si on parlait de sexe à nos ados, est également publié aux éditions Odile Jacob (248 pages, 21,90 euros).

Sources
- Rapport « Et si on parlait de sexe à nos ados ? Pour éviter les grossesses non prévues chez les jeunes filles », de Sophie Marinopoulos, Israël Nisand et Brigitte Letombe.

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