Cancer et retour au travail : encore trop d’inégalités

, par  Mutuelle complémentaire d’Alsace

La profession, l’entreprise et la nature du contrat de travail sont des facteurs d’inégalité dans le retour à l’emploi après un cancer. Il existe toutefois des solutions pour pallier ces inégalités. Le rôle du médecin du travail est déterminant.

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Un « col blanc » qui vient d’avoir un cancer a trois chances sur quatre de retravailler, contre seulement une sur deux pour un ouvrier. C’est ce que montre une étude de l’Inserm publiée en décembre 2010. Ces différences selon les catégories professionnelles sont en partie liées à la pénibilité des emplois, mais elles s’expliquent aussi par l’ignorance des dispositifs évitant la diminution des revenus et permettant l’aménagement du poste de travail.

Consulter le médecin du travail

« Le facteur le plus discriminant, note Noëlle Lasne, médecin du travail, c’est la situation du patient par rapport à l’emploi : nature du contrat de travail, profession libérale, chômage… » Les salariés les plus avantagés sont ceux bénéficiant d’un contrat à durée indéterminée ou d’un contrat à durée déterminée de plus d’un an et les fonctionnaires.
« Le premier problème, quand on reprend le travail après un cancer, c’est la très grande fatigabilité, poursuit le docteur Lasne. Par exemple, avec un cancer du sein, la chimiothérapie et la radiothérapie, épuisantes, entraînent le besoin de faire la sieste. Pour soulager le salarié, mon premier outil, c’est le mi-temps thérapeutique. » Le rôle principal du médecin du travail est de négocier avec l’employeur l’aménagement de ce temps de travail (lire l’encadré « Le temps partiel thérapeutique »). Afin de bien connaître les tâches réelles du salarié, il doit le rencontrer avant son retour. Cette visite de pré-reprise peut avoir lieu à la demande de l’employeur ou du salarié.

Trouver infos et soutien

L’assurance maladie s’intéresse à ces questions et se mobilise : « Tous les mois, indique Jany Audier, responsable régional de la caisse régionale d’assurance maladie d’Ile-de-France (Cramif), notre service écrit aux personnes en arrêt maladie depuis plus de quatre-vingt-dix jours pour leur proposer d’assister à une réunion d’information. Elles sont alors incitées à prendre rendez-vous avec le médecin du travail. »
Présentes à l’hôpital et dans certaines entreprises, les assistantes sociales peuvent elles aussi être d’un réel secours. «  Nous contactons les salariés en congé maladie depuis trois mois pour leur proposer nos services, explique Corinne Chambellan, assistante sociale dans un grand groupe. Nous essayons de leur apporter une aide à la vie quotidienne, par exemple en leur trouvant une aide ménagère. » Enfin, les associations d’aide aux malades se révèlent comme des sources précieuses d’information et de soutien.

Nadine AllainGIF

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Le temps partiel thérapeutique

Le temps partiel thérapeutique permet de reprendre progressivement le travail et de dégager des disponibilités pour les absences nécessaires aux soins : examens, prises de sang… Il doit être demandé immédiatement après un arrêt maladie prolongé, mais n’est pas accordé automatiquement : il est mis en place après avis du médecin du travail et de l’employeur, avec l’accord du médecin-conseil de la Sécurité sociale. C’est le médecin du travail qui négocie avec l’employeur l’organisation de ce temps partiel.
Dans le cas d’un mi-temps thérapeutique, par exemple, vous serez payé à mi-temps par votre employeur, pendant une période de trois mois renouvelable dans la limite d’un an ; l’autre moitié sera versée par la Sécurité sociale sous forme d’indemnités journalières.

Pour plus d’informations, consulter Ameli.fr.

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Besoin d’être accompagné ? Pensez au 39 35

Si vous ou l’un de vos proches avez des difficultés à faire le point sur votre retour à l’emploi après un cancer, si vous avez besoin d’un conseil, si vous cherchez les coordonnées d’une association de malades près de chez vous, appelez le 39 35. Les conseillers de Priorité santé mutualiste, un service gratuit de la MCA (code d’accès : 84 13), vous répondent du lundi au vendredi de 9 à 19 heures (prix d’un appel local depuis un poste fixe).

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