Cancer : des malades de plus en plus précaires

, par  Enrique Moreira

La Ligue contre le cancer a publié, le 19 mars, le deuxième rapport issu de son Observatoire sociétal des cancers. Dévoilant les aspects sociaux et les enjeux sociétaux du cancer, ce document révèle que la maladie a des conséquences financières parfois très importantes. A tel point que certains patients sont obligés de demander des aides pour pouvoir se nourrir. Explications.

C’était la mesure n° 30 du Plan cancer 2009-2013 : la création d’un « observatoire sociétal en s’appuyant sur le maillage territorial de la Ligue contre le cancer, composé de 103 comités départementaux ». L’objectif était de disposer de toutes les données concernant la réalité vécue par les malades, ainsi que l’appréhension de la maladie par l’ensemble des Français. Dans son deuxième rapport, rendu il y a une dizaine de jours, l’observatoire relevait un point étonnant : de plus en plus de personnes atteintes d’un cancer se retrouvent dans une situation de grande précarité.

20 000 personnes aidées par la Ligue

La Ligue contre le cancer a noté qu’en 2012 elle a aidé directement 20 000 personnes (+8 % par rapport à 2011), pour un montant total de 6,5 millions d’euros. A cela s’ajoute que, « malheureusement, beaucoup de Français touchés par le cancer qui auraient besoin de soutien financier n’en font pas la demande ». Plus de 50 % des personnes ayant demandé une aide avaient dû modifier leur mode de vie pour des raisons économiques liées à la maladie. Parmi elles, 75 % réduisent leurs dépenses quotidiennes, comme l’alimentaire (19 %), le paiement des factures (15 %) et même les impôts (3 %).

L’observatoire note que ces difficultés touchent tous les patients, même ceux qui n’avaient jamais connu une situation difficile auparavant. Cela dit, on constate « une augmentation des besoins pour les personnes vivant seules (+10 %) et les ouvriers (+ 6%) ».

Des dépenses pas prises en compte

Les cancers sont pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie. Pourtant cela ne suffit pas, pour des raisons finalement assez simples à concevoir. La maladie s’accompagne souvent d’un arrêt de travail et donc d’une diminution très nette, voire d’un arrêt total du salaire. Par ailleurs, certaines dépenses ne sont pas prises en compte par la Sécurité sociale et peuvent rapidement alourdir la note. C’est le cas du forfait hospitalier, des dépassements d’honoraires lors de la visite chez un spécialiste, mais aussi des prothèses mammaires (pour un cancer du sein) ou capillaires (en cas de chimio).

La Ligue contre le cancer a également tenu à rappeler, à l’occasion de la publication de ce rapport et dans le cadre de la Semaine contre le cancer, qui s’est déroulée 18 au 24 mars, que les aides qu’elle pouvait fournir venaient principalement des dons. Elle continue donc d’appeler à la générosité des Français, dont l’argent collecté sert à la fois à faire avancer la recherche et à aider les patients et leurs proches à mieux vivre cette maladie.

Sources
- « Rapport 2013 », Observatoire sociétal des cancers, 19 mars 2013.
- « Publication du rapport 2012 de l’Observatoire sociétal des cancers », Plan-cancer.gouv.fr, 21 mars 2013.

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