Augmentation des IVG chez les ados

, par  André Degon

Le 7 mars avait lieu à Paris le forum « Les nouveaux enjeux de l’IVG en 2011 », coordonné par le professeur Israël Nisand, gynécologue-obstétricien au CHU de Strasbourg. A l’issue de cette journée, le constat est rude : trente-cinq ans après le vote de la loi Veil, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) reste aussi fréquente que dans les années 70. Pire encore, déplore le professeur Nisand, « selon les derniers chiffres, les IVG sont en hausse chez les femmes de moins de 25 ans, environ 15 000 sont pratiquées tous les ans sur des mineures ». Le célèbre gynécologue obstétricien est en colère : « Terminer sa première histoire d’amour par une IVG, c’est un chemin initiatique désolant et potentiellement traumatisant. La moitié des IVG de mineures pourraient être évitées. En France, cet acte est anonyme et gratuit, tandis que l’accès à la pilule contraceptive ne l’est pas. Nous préférons faire des IVG confidentielles plutôt que proposer une contraception confidentielle, c’est une honte ! Nous n’avons pas fait ce qu’il fallait. » Ce défenseur du droit des femmes à exercer leur choix accuse l’absence d’éducation sexuelle à l’école, pourtant devenue une obligation légale depuis la loi du 4 juillet 2001. « On a fait comme si la sexualité des ados n’existait pas », regrette-t-il, en mettant en cause les lobbies religieux ou de parents d’élèves. Le service Info-ado (http://info-ado.u-strasbg.fr) qu’il a mis sur pied à Strasbourg permet aux jeunes filles de moins de 18 ans de se faire prescrire la pilule gratuitement via une feuille de Sécurité sociale anonyme. Résultat : les IVG sur les mineures seraient deux fois moins nombreuses qu’à l’échelle nationale. C’est sans doute la raison pour laquelle le professeur Nisand lance un appel aux politiques pour généraliser à tout le territoire son service Info-ado strasbourgeois. Il est soutenu dans cette action par la députée UMP Bérengère Poletti, qui devrait faire une proposition de loi sur le renforcement du dispositif d’information sur la contraception permettant de réduire le nombre de recours à l’IVG. Tous deux demandent une contraception gratuite et anonyme pour les mineures.

Sources
- http://info-ado.u-strasbg.fr/plus.asp.
- « Trente-cinq ans après la loi Veil, l’IVG n’a pas baissé », Pascale Santi, Le Monde, 6-7 mars 2011.
- « Les IVG en hausse chez les femmes de moins de 25 ans », Agnès Leclerc, Le Figaro, 7 mars 2011.

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