Arrêts maladie : des disparités départementales

, par  Enrique Moreira

Le travail serait-il moins difficile au soleil ? C’est l’une des questions que s’est posées l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) lors de la réalisation du dossier « Arrêts maladie : comment expliquer les disparités départementales ? ». Si dans certains départements les travailleurs seraient plus enclins à se mettre en arrêt maladie, cela dépendrait surtout de la fréquence des contrôles par la Sécurité sociale.

En 2008, l’Assurance maladie aura déboursé 11,3 milliards d’euros, soit environ 5 % des dépenses de santé en France, rien que pour le paiement des indemnités journalières liées aux arrêts maladie de travailleurs salariés. Et cette tendance va à la hausse. C’est ce constat qui est à l’origine d’une enquête de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) sur les disparités départementales en matière d’arrêts maladie.
Les chercheurs de l’institut se sont, en effet, vite rendu compte que les employés n’étaient pas aussi souvent en arrêt maladie selon le département où ils habitent. Ainsi, 13 % des salariés ont été arrêtés au moins une journée dans l’année dans les Hautes-Alpes contre 29 % dans les Ardennes, la moyenne nationale se situant autour de 23 %. Plus généralement, la carte établie par l’Irdes montre bien que les arrêts sont plus fréquents et plus longs dans le Nord de la France que dans le Sud, une différence égale séparant les départements de l’Est de ceux de l’Ouest du pays.

Plus de contrôles, pour une meilleure régulation

Les travailleurs ardennais seraient-ils plus fragiles que ceux du Sud-Est ? Le travail serait-il moins pénible sous le soleil des Landes que dans la grisaille du Nord ? Evidemment non. Les conditions climatiques et l’âge des personnes concernées ne sont que le troisième facteur explicatif de ces disparités. C’est essentiellement la densité importante des médecins généralistes dans la région qui explique une forte tendance aux arrêts maladie. Concrètement, plus il y a de docteurs autour de chez vous, plus vous avez la possibilité d’en trouver un pour vous prescrire une interruption de travail.
La fréquence des contrôles effectués par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), variant d’une région à l’autre, est aussi l’une des raisons de ces disparités départementales. Plus une Cram (entité régionale de la Cnam) effectue une surveillance des arrêts maladie dans ses départements, moins il y en a de contracté.

L’Alsace et la Moselle font exception

Dans son étude, l’Irdes récence également plusieurs facteurs qui augmentent la propension à s’arrêter. Ainsi, 28 % des personnes ayant commencé à travailler avant leurs 18 ans ont eu au moins une interruption temporaire de travail dans l’année, et les métiers caractérisés par un effort physique répétitif sont ceux où les arrêts maladie sont le plus fréquents.
Dans leur tour de France des disparités départementales, les chercheurs ont toutefois noté deux exceptions : l’Alsace et la Moselle. Bénéficiant d’un régime spécial de Sécurité sociale, ces dernières enregistrent des arrêts de travail généralement plus longs et sans délais de carence.

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