Asthme et allergies : il est grand temps d’agir

, par  Isabelle Coston

A l’occasion du dixième anniversaire de la journée française de l’allergie, le 22 mars dernier, l’association Asthme et allergies a rappelé aux pouvoirs publics qu’il était urgent de passer à l’action contre ce fléau qui ne cesse de croître.

« Pour agir ensemble face à l’allergie »*, l’association Asthme et allergies publie dix propositions concrètes ayant pour objectif de lutter contre cette pathologie grandissante, en améliorant la prise en charge des patients.
L’allergie est considérée comme la quatrième maladie dans le monde, après le cancer, les pathologies cardiovasculaires et le sida. Aujourd’hui, une personne sur quatre souffre d’allergie respiratoire, une sur trois est atteinte de rhinite allergique, quatre millions de personnes sont asthmatiques et 80% des asthmes sont d’origine allergique. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’en 2050, la moitié de la population sera allergique. Face à ce constat alarmant, l’association alerte les pouvoirs publics et les somme de mettre en œuvre un véritable plan d’action. Elle propose, notamment, de promouvoir le dépistage en mobilisant à la fois les professionnels de santé et les patients, d’améliorer la prise en charge des traitements de désensibilisation de l’allergie par les mutuelles et de travailler sur les facteurs environnementaux.

Réduire l’errance diagnostique

Les premiers symptômes d’une allergie, par un nez qui coule, des éternuements ou des yeux qui grattent, sont trop souvent négligés. L’association estime que les personnes allergiques attendent en moyenne sept ans avant de consulter, « une situation d’autant plus alarmante que les diagnostics et les traitements sont efficaces ». Les conséquences, pourtant évitables, d’une rhinite allergique mal soignée, par exemple, peuvent être graves et entraîner des problèmes respiratoires sérieux tels que crises d’asthme sévères et lésions pulmonaires irréversibles. Environ 30 % des rhinites non traitées évoluent en asthme.
Le manque de dépistage n’est pas la seule lacune à déplorer, le parcours de soins laisse lui aussi à désirer. L’association Asthme et allergies alerte ainsi sur le manque d’allergologues en France, contrairement à d’autres pays européens. L’allergologie n’y est pas suffisamment reconnue et cette spécialité mériterait d’être valorisée, pour attirer davantage de jeunes médecins. Conséquence de ce désamour : les patients ne sont aujourd’hui pas orientés suffisamment tôt vers un allergologue et le délai pour un rendez-vous est au minimum de deux mois. C’est pourquoi l’une des propositions de l’association est d’harmoniser le statut des allergologues français avec celui des allergologues européens, en créant une véritable spécialité.

Un traitement mal suivi

Autre défaillance pointée du doigt par l’association : « L’observance, qui correspond au respect des instructions et des prescriptions médicales, est estimée à environ 50 % chez l’enfant asthmatique et diminue avec l’âge pour atteindre environ 30 % chez les adolescents et les adultes. » Pour éviter que l’allergie ne s’aggrave, avec des conséquences néfastes sur la santé et sur la qualité de vie du malade, Asthme et allergies préconise « l’intégration de l’éducation thérapeutique dans le parcours de soins dès le début de la maladie ». Le patient doit bénéficier d’un suivi régulier car les allergies sont susceptibles d’évoluer et les traitements médicamenteux doivent s’adapter. Il faut également qu’il apprenne, ainsi que son entourage, à détecter et à éliminer les allergènes.

L’environnement en question

Comme l’indique l’association, les allergènes sont partout : « Ce que nous respirons, ce que nous mangeons ou ce que nous touchons comporte une multitude de substances sensibilisantes, appelées ”allergènes” ; substances dont le pouvoir nocif peut être augmenté par des facteurs tels que la pollution intérieure ou extérieure ». Enrayer cette hausse constante du nombre de personnes allergiques passe nécessairement par des actions sur l’environnement : une réflexion sur la gestion des espaces verts doit être menée, pour limiter la prolifération de pollens allergisants, aussi bien dans les jardins publics que dans les cours d’école. La création en France de vingt postes supplémentaires de conseillers médicaux en environnement intérieur est également réclamée.

*« Allergie, il y a urgence ! 10 propositions concrètes pour agir ensemble », Association Asthme et Allergies, dossier de presse, 22 mars 2016.

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