Accès au soins : les délais d’attente jugés trop longs

, par  Delphine Delarue

D’après une enquête Ifop-Jalma publiée le 13 novembre par le Journal du Dimanche, plus d’un Français sur deux a déjà renoncé à des soins faute d’avoir pu obtenir un rendez-vous dans un délai acceptable.

Le chiffre est révélateur : 58 % des Français ont déjà renoncé à des soins chez un médecin spécialiste en raison des délais d’attente trop longs, selon « L’Observatoire de l’accès aux soins », une enquête Ifop-Jalma publiée le 13 novembre dans le Journal du Dimanche. Chez le médecin généraliste, le pourcentage chute à 38 %. D’après les personnes interrogées, le spécialiste le plus difficilement accessible est l’ophtalmologue (en moyenne 103 jours d’attente avant d’obtenir un rendez-vous), suivis du gynécologue (51 jours), du dermatologue (38 jours), de l’ORL et du cardiologue (29 jours). Une perception cependant relativement éloignée des temps d’attente décrits par les médecins, également interrogés : d’après eux, il faut 21 jours pour obtenir un rendez-vous chez l’ophtalmologue, 19 chez le gynécologue et 25 chez le dermatologue.

Critères financiers et géographiques

Mais le renoncement aux soins n’est pas seulement imputable aux délais d’attente. Le coût de la visite et la distance à parcourir sont aussi des critères dissuasifs : 37 % des sondés disent avoir renoncé à une consultation chez un spécialiste à cause de tarifs trop élevés (18 % chez le généraliste) et 28 % en raison de son éloignement géographique (15 % pour le généraliste). Les déserts médicaux concernent effectivement désormais toutes les régions de France ; la région Paca, pourtant la mieux dotée en termes de densité médicale, manque ainsi cruellement d’ophtalmologues. Et c’est aux urgences que l’on retrouve logiquement une partie des patients en mal de rendez-vous : 27 % des sondés expliquent s’y être rendus faute d’avoir pu obtenir une consultation dans des délais ou à un coût acceptables.
L’enquête nous apprend par ailleurs que les Français sont de plus en plus inquiets quant à l’avenir de notre système de santé : 83 % pensent que l’accès aux soins va se détériorer dans les dix prochaines années.

 

Source
- Enquête « L’Observatoire de l’accès aux soins, enquête auprès des Français et des professionnels de santé », Ifop-Jalma, octobre 2011.

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