Cancer : 500 000 cas attribués au surpoids et à l’obésité dans le monde

, par  Delphine Delarue

Selon une étude du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), l’obésité et le surpoids étaient responsables, en 2012, d’un demi-million de cas de cancer à travers le monde. Si les régions occidentales sont particulièrement concernées par ce phénomène lié au développement économique, certains signes apparaissent déjà dans les pays émergents.

Près de 500 000 nouveaux cas de cancer diagnostiqués dans le monde en 2012 seraient attribuables à l’obésité ou au surpoids. Voila l’alarmant résultat d’une nouvelle étude du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), l’une des agences spécialisées de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publiée dans The Lancet Oncology. Ainsi, « l’obésité et le surpoids sont devenus des facteurs de risque majeurs, responsables d’environ 3,6 % de tous les nouveaux cas » cette année-là, précise le Circ dans un communiqué. Et quand on sait que l’épidémie mondiale de surpoids est en constante augmentation depuis plus de trente ans, la situation a de quoi inquiéter.
Sans surprise, c’est dans les pays les plus développés que le phénomène est le plus marqué. Avec 111 000 cas liés à l’obésité, toujours en 2012, l’Amérique du Nord est particulièrement touchée. De son côté, l’Europe ne fait pas mieux. La région Est représente à elle seule 6,5 % de tous les cas européens de cancer associés au surpoids ou à l’obésité : en République tchèque, notamment, la surcharge pondérale est en cause pour 5,5 % des cas chez les hommes et 12 % chez les femmes. Au Royaume-Uni, 8,2 % des cancers diagnostiqués chez les femmes pourraient également être attribués à un IMC* trop élevé (supérieur à 25).

Les femmes plus concernées que les hommes

« Dans l’ensemble, nous constatons que si le nombre de cas de cancer associés au surpoids et à l’obésité demeure plus élevé dans les pays riches, des effets similaires sont déjà visibles dans certaines parties du monde en développement », indique le docteur Isabelle Soerjomataram, l’un des principaux auteurs de l’étude.
Cette dernière souligne par ailleurs que la proportion de cancers liés à un IMC important est plus élevée chez les femmes que chez les hommes. Pour le cancer du sein postménopausique, par exemple, les auteurs estiment que 10 % des cas auraient pu être évités grâce à un poids maîtrisé. Les cancers les plus fréquents associés au surpoids chez les femmes sont ceux de l’endomètre, du côlon et du sein (73 % de tous les cancers liés à l’IMC), et chez les hommes, il s’agit des cancers du rein et du côlon (66 %).
Enfin, les auteurs précisent qu’un quart de ces cancers dans le monde auraient pu être évités si « les populations avaient simplement maintenu leur IMC moyen d’il y a trente ans ». Pour Christopher Wild, directeur du Circ, le nombre de cancers liés au surpoids devrait continuer à augmenter avec le développement économique. D’où l’importance, pour les pays, de mettre en place « des mesures efficaces de contrôle du poids » de leur population, conclut-il.

* Pour calculer l’IMC, diviser le poids (en kilos) par la taille (en mètres) au carré.

Source
- « Un demi-million de nouveaux cancers en 2012 attribuables à la surcharge pondérale et à l’obésité », communiqué de presse du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), Organisation mondiale de la santé (OMS), 26 novembre 2014.

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