50 ans : le bon âge pour faire un bilan de santé

, par  Catherine Chausseray

A la cinquantaine, selon les individus, leur mode de vie et leurs antécédents, il existe des disparités : certains sont en pleine forme, quand d’autres voient leur santé décliner. Dans tous les cas, c’est le moment de faire un bilan afin de dépister d’éventuelles maladies.

Même si la durée de vie s’est significativement allongée, l’âge demeure et, « à 50 ans, on voit l’arrivée de certaines pathologies », observe le docteur Jean-Louis Bensoussan, médecin généraliste en Haute-Garonne, secrétaire général adjoint de MG France (syndicat des médecins généralistes). Selon le sexe, les pathologies à dépister diffèrent, mais il est un risque qui prédomine, pour les femmes comme pour les hommes, c’est le risque cardiovasculaire, qui « sera pratiquement égal pour les deux sexes dans les dix ou quinze ans à venir », précise le docteur Bensoussan.

Prévenir les maladies cardiovasculaires

« Dépister une hypertension artérielle, une hypercholestérolémie, un diabète est essentiel, car ce sont les trois principaux facteurs de risque. Cela permet d’estimer quel sera le risque d’avoir un événement cardiovasculaire dans les dix prochaines années », explique le médecin généraliste. « Le risque cardiovasculaire est au premier plan dans les centres d’examens de santé, où l’on recherche systématiquement les facteurs de risque tels que le surpoids, le tabac, les addictions… », confirme le docteur Isabelle Vincent, directrice adjointe du département prévention et promotion de la santé à l’Assurance maladie.
Pour éviter un éventuel accident vasculaire cérébral (AVC) ou un infarctus, un bilan vasculaire s’impose, car les maladies cardiovasculaires peuvent évoluer lentement avec peu, voire aucun symptôme d’alerte. « Lorsque l’hypertension est soignée, le risque cardiovasculaire diminue, souligne le docteur Bensoussan. Idem pour le cholestérol. »
« La cinquantaine est un âge clé, car une hypertension artérielle peut se manifester, ajoute-t-il. Chez les hommes comme chez les femmes… » Contrairement aux idées reçues, les femmes ne sont en effet pas à l’abri d’un accident cardiovasculaire, dont le risque est décuplé avec l’arrivée de la ménopause, période où elles ne sont plus protégées par leurs hormones. Et le tabac et l’alcool sont, bien entendu, des facteurs aggravants.

Dépister les cancers avant qu’ils n’empirent

A partir de 50 ans, la prévalence de certains cancers augmente. « Les deux principaux examens à faire pratiquer à cet âge sont le dépistage du cancer du côlon et, pour la femme, celui du cancer du sein », conseille le docteur Bensoussan. « Ces dépistages sont aujourd’hui pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie à partir de 50 ans », souligne le docteur Isabelle Vincent.
Il faut savoir qu’en France le cancer colorectal est le deuxième cancer le plus meurtrier, derrière celui du poumon : il est responsable de 17 700 décès par an. C’est aussi le troisième cancer le plus fréquent, derrière ceux de la prostate et du sein. Le test pour le détecter est disponible dans le cadre du programme de dépistage organisé. Il est conseillé tous les deux ans. Les personnes âgées de 50 à 74 ans sont invitées à se le procurer auprès de leur médecin généraliste. Ce test immunologique détecte la présence de sang dans les selles. S’il est positif, le patient devra subir une coloscopie afin de vérifier la présence ou non de lésions précancéreuses ou d’un cancer. « Lorsqu’il est détecté tôt, le cancer colorectal se guérit dans neuf cas sur dix, alors que, dépisté tardivement, ce n’est qu’une fois sur sept »,a alerté la ministre de la Santé, Marisol Touraine, lors du lancement en avril 2015 du nouveau test, plus simple d’utilisation, plus performant et plus fiable que l’ancien. « Le dépistage est donc primordial : un diagnostic à un stade précoce permet un traitement moins long, moins compliqué et moins mutilant pour le patient », a-t-elle poursuivi.
Le dépistage du cancer du sein est lui aussi un enjeu de santé publique : premier cancer chez la femme, il entraîne près de 12 000 décès par an. Une mammographie tous les deux ans est remboursée à 100 % par l’Assurance maladie pour les femmes âgées de 50 à 74 ans. Celles qui présentent un risque élevé – en raison d’antécédents familiaux, par exemple – pourront être prises en charge plus jeunes. Là encore, le dépistage précoce augmente les chances de guérison : quand les lésions sont repérées très tôt, neuf femmes sur dix en guérissent.
Quant au cancer du col de l’utérus, « un frottis doit être effectué tous les trois ans à partir de l’âge de 25 ans », rappelle le docteur Isabelle Vincent, qui note néanmoins, « chez les femmes âgées de 50 ans, une tendance à négliger ce dépistage. C’est un âge où les femmes commencent à faire moins attention. Il y a une nette baisse de la vigilance et une chute de la participation à cet examen dans cette classe d’âge. »
Pour le cancer de la prostate – le plus répandu des cancers masculins, avec environ 71 000 cas par an en France –, « le bilan sanguin systématique de dépistage organisé n’est pas utile, explique Jean-Louis Bensoussan. Dans ce domaine, il faut un dépistage individuel, notamment pour les hommes ayant une hérédité directe de cancer de la prostate ». Selon la Ligue contre le cancer, « la plupart des cas sont diagnostiqués entre 60 et 90 ans (71 ans en moyenne) ».

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