« 100 % santé » : des prothèses auditives jugées de bonne qualité

, par  Léa Vandeputte

Selon une étude menée par l’UFC-Que Choisir, les aides auditives proposées dans le cadre de la réforme du reste à charge zéro affichent une efficacité similaire aux modèles plus chers. Satisfaite, l’association rappelle toutefois que les audioprothésistes doivent jouer le jeu et proposer systématiquement cette offre aux patients.

L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a publié le jeudi 20 février un test comparatif des prothèses auditives entrant dans le cadre de la réforme du « 100 % santé ». Et les résultats sont plutôt bons : « Le “100 % santé” n’est pas une offre au rabais », confirme l’association. Les aides auditives ont en effet « démontré une qualité équivalente aux modèles les plus chers ».

Efficaces mais avec moins d’options

Le test, mené en laboratoire, a comparé sept audioprothèses éligibles au « 100 % santé » à six vendues à prix libre. « Il en ressort que, en retenant comme critères l’intelligibilité et la qualité de la parole, les audioprothèses “100 % santé” se sont révélées d’une efficacité équivalente à celle des modèles plus chers en fonctionnement automatique » – l’appareil choisit automatiquement le programme le plus adapté (environnement calme ou bruyant) après analyse du bruit environnant, sans intervention manuelle, NDLR. « Si des différences de qualité notables existent entre appareils, elles ne sont pas liées à leur prix », indique l’association qui relève toutefois que les modèles haut de gamme se distinguent par « leurs options (rechargeable ou à piles, Bluetooth, précision des réglages…), plus nombreuses et évoluées » même si « leur absence ne remet pas en cause la qualité des prothèses “100 % santé” ».

Ne pas dénigrer l’offre

Le coût pour appareiller ses deux oreilles évalué par l’UFC-Que Choisir à 3 100 euros, avec un reste à charge d’environ 1 400 euros après intervention de la Sécurité sociale et de la mutuelle, était source de renoncement aux soins. La réforme voulue par le gouvernement a pour objectif de combattre cette situation. Depuis le 1er janvier 2020, les aides auditives sont ainsi mieux remboursées et leur prix a été plafonné. Le reste à charge maximum est fixé à 750 euros. Puis, à partir du 1er janvier 2021, les prothèses du panier « 100 % santé » seront totalement remboursées. Mais l’efficacité de ce dispositif « dépend en grande partie de l’attitude des professionnels de santé », estime l’association, arguant que : « Compte tenu de leur rôle prescripteur majeur sur un marché aussi complexe que l’audiologie, les audioprothésistes doivent présenter de manière objective les appareils à prix plafonné, sans quoi les usagers s’en détourneront ». L’UFC-Que Choisir appelle donc « les pouvoirs publics à procéder aux contrôles nécessaires pour s’assurer d’une part que, comme la réglementation les y oblige, les audioprothésistes proposent systématiquement des appareils “100 % santé” à leurs clients, d’autre part que ces produits à prix plafonnés ne sont pas injustement dénigrés ».

Les conseils indispensables des audioprothésistes

De son côté, le syndicat national des audioprothésistes rappelle, dans un communiqué, que : « L’audioprothésiste est un professionnel de santé de proximité. Il définit la réponse appropriée aux besoins de chaque patient, dans le respect de son parcours de soins. ». Concernant la réussite de la réforme, l’organisation renvoie la balle aux complémentaires santé qui « doivent aussi adapter leurs garanties pour préserver le libre choix des patients », estime-t-elle. Puis, elle termine son argumentation sur l’importance de la communication autour des bénéfices pour la santé d’une bonne audition et rejette « les publicités trompeuses, réduisant les aides auditives à des simples biens de consommation, […] nuisibles à la lisibilité de la réforme et à l’information des patients. »

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